5.2 - Imaginaires nationaux et identités territoriales : du local au transnational (réseaux, médiations et transferts culturels en Méditerranée des Lumières à nos jours)

Axe 5. Les espaces du politique, XVIIIe-XXIe s.

Groupe 2. Imaginaires nationaux et identités territoriales : du local au transnational (Réseaux, médiations et transferts culturels en Méditerranée des Lumières à nos jours)

Responsables : Paul Aubert, Eve Fourmont-Giustiniani

         

Le groupe étudie les identités en mouvement et les idéologies qui les portent. Il s’intéresse à la relation des pays d’Europe méridionale à leur espace national et examine, dans le processus de construction nationale, les théories de l’articulation du territoire et les stratégies qui les sous-tendent, les jeux d’influences réciproques, d’appropriation et de retraduction que suppose la représentation de l’identité territoriale.

Une attention particulière est accordée à l’évolution de celle-ci, en fonction des acteurs qui la promeuvent (politiciens, intellectuels, exilés, migrants), des doctrines sur lesquelles elles se fondent et des influences extérieures, et au rôle des modèles : qu’ils soient antérieurs (droit coutumier), extérieurs (révolution française, interventions napoléoniennes) ou utopiques (cantonalisme, anarchisme, fascisme, internationalisme, avant-gardes).

Dans ce processus, il s’agit autant de saisir les stratégies étatiques que civiles : les États, préoccupés par la sauvegarde ou la promotion d’identités perçues comme homogènes, ont tardé à prendre acte du fait que les cultures sont en perpétuelle transformation, et qu’elles sont modelées par les conflits et les échanges. Pour leur part, les intellectuels, attentifs à la nation en train de se faire, se sont fait un devoir de « raconter » l’histoire nationale ou ce qu’ils aimeraient que l’on croie qu’elle fut. Quand la France, l’Italie ou l’Espagne prennent acte d’un déclin, la culture intervient comme un instrument de maintien et de redressement en diffusant une image valorisante à l’extérieur tout en construisant une légitimité à l’intérieur, par effet de miroir.

Or, au tournant du XXe siècle, surgit une nouvelle vision du monde qui ne se fonde plus seulement sur l’héritage d’une tradition. En Occident, la philosophie, l’idéologie politique, les avant-gardes sont transnationales et cosmopolites, surtout lorsqu’elles ont dû se former à l’étranger ou vivre l’expérience de l’exil. Comment la rencontre de l’ailleurs modifie-t-elle la perception du local et du national ? La méthodologie des transferts culturels permet de mettre en doute ce qui, dans une approche essentialiste de l’identité, a longtemps été tenu pour évident : l’existence de cultures nationales closes sur elles-mêmes.

 

Les travaux s’articulent autour de quatre axes de recherche :

  1. Imaginaires nationaux, violence: question de l’organisation du territoire, et les rapports entre espace et pouvoir ; expression d’une violence identitaire (Pays basque). 
  2. Cosmopolitisme et exil: rôle de la confrontation avec l’étranger dans la construction de l’imaginaire national (exil libéral et de 1939); réévaluation de cet imaginaire par les processus d’exil ou de migration.
  3. Politiques culturelles dans les moments de transition : mutations décisives des politiques muséales actuelles dans l’Europe méditerranéenne. Le musée s’affiche désormais comme  pôle de reconversion de la ville en transition post-industrielle.
  4. Avant-gardes: cosmopolitisme intellectuel et possibilité d’une identité ou d’une culture transnationale. Rapport et viabilité des avant-gardes artistiques et politiques.

La réflexion sera couronnée par une interrogation sur la possibilité, les modalités et la signification d’une culture transnationale, c’est-à-dire, en l’occurrence, d’une identité latine et méditerranéenne.

 

Principales activités et productions académiques :

Séminaires et Journées d’études sur l’exil (E. Fourmont-Giustiniani,
8 et 15.II.2013), la violence (S. Rojo Hernández, 18.I. 2013. 21.II.2014), les imaginaires nationaux (P. Aubert 23.III.2013), les avant-gardes (P. Aubert, 1.VI.12, 31.5.13 et 4.04.14) et les politiques culturelles de l’Espagne démocratique (N. Morales, 7.6.13 et 28.III.14)  

Les Journées d’études consacrées aux imaginaires nationaux et aux avant-gardes feront l’objet d’une publication dans le Bulletin d’Histoire Contemporaine de l’Espagne, qui vient d’accéder à la plateforme “revues.org”.

Depuis 2012 Le Bulletin d’Histoire Contemporaine de l’Espagne a souvent publié les fruits des travaux du groupe: 2012, n°46: Le républicanisme en Europe du Sud (M. Suárez Cortina, coord.), n°47 : Violence à Barcelone (1896-1909) (P. Aubert, coord.) ; 2013, n°48 : Le printemps 1936 en Espagne (E. González Calleja, coord.) ; 2014, n°49 : Transferts culturels: la traduction (XVIIIe-XXe siècle) (P. Aubert, coord.) Le BHCE prépare son cinquantième numéro consacré aux intellectuels espagnols pendant la Transition (J. Muñoz, coord.), parution automne 2014.

 

Publications sur les thèmes du programme:

voir sur le site de l’UMR les fiches individuelles de P. Aubert, G. Dufour , S. Rojo Hernández, E. Fourmont-Giustiniani, N. Morales, I. Renaudet, S. Mourlane , N. Berjoan , Ch. Poupault, J. Fintzel.

 

Contrats de recherche ou participations à des opérations scientifiques :

P. Aubert est membre à l’université autonome de Barcelone du programme L’histoire de la littérature espagnole et l’exil républicain de 1939 (dir. M. Aznar Soler) ; P. Aubert et E. Fourmont-Giustiniani sont membres du programme sur Les réseaux intellectuels autour de Ortega y Gasset de la Fondation Ortega et l’université Complutense de Madrid (dir. J. Zamora). E. Fourmont-Giustiniani participe au programme Crise et  relecture du libéralisme durant l'entre-deux-guerres de l'Université CEU Cardenal Herrera de Valence (dir. Hugo Aznar). Ces contrats sont financés par le Ministerio de Economía y Competitividad (2014-2019).

 

Partenariats internationaux:

• P. Aubert :direction de thèses en co-tutelle: Davide Aliberti (thèse sur l’identité sépharade de 1924 à nos jours, en cotutelle avec l’univ. de Naples), Carlos Rivas (thèse en co-tutelle avec l’univ.de Salamanque), tutorat de post-doctorants espagnols et italiens candidates à des bourses Fernand Braudel et Marie Curie.

•  Convention avec la Fundación Ortega – Marañón, Madrid (en cours de signature)

• Relations : avec la Casa de Velazquez: P. Aubert en fut membre et directeur des études (1991-1997), I. Renaudet,  E. Fourmont-Giustiniani et Nicolas Morales en furent membres ; J. Fintzel et V. Filippi ont obtenu une bourse et N. Berjoan vient d’y être recruté pour l’année 2014-2015 et avec l’École de Rome (Ch. Poupault), S. Mourlane)

• P. Aubert participe à l’équipe doctorale des univ de Naples (L’Orientale) et CEU San Pablo (Madrid), il est le co-fondateur à l’univ. de Barcelone (avec le prof. J. Casassas), où il fut professeur associé (2010-2012) d’un Réseau d’Histoire culturelle de la Méditerranée réunissant des équipes des univ. de Barcelone, Madrid, Palma de Mallorca, Tarragone, Viterbo, Rome, O Porto, Lisbonne et Athènes.

Interactions avec l’environnement institutionnel, culturel ou économique

6 doctorants sont rattachés à ce programme.

P. Aubert a contribué à la formation des Bibliothécaires des Hautes Alpes (18.4.14)

 

---------------- English version

 

 

The group studies identities in movement and the ideologies that underpin them. It focuses on the relationship between Southern European countries in their national environment and examines, as part of the process of national construction, the theories on the interface between territory and underlying strategies, the interplay of reciprocal influences, appropriation and retranslation which are involved in representations of territorial identity.

 

Particular attention is given to the way this identity evolves, in terms of actors who promote it (politicians, intellectuals, exiles, migrants), doctrines on which they are based and external influences, and the role of models: whether anterior (common law), exterior (French revolution, Napoleonic campaigns) or utopian (cantonalism, anarchism, fascism, internationalism, avant-garde).

 

It is just as important, in taking this approach, to understand both state and civil strategies: being preoccupied by safeguarding or promoting identities seen as homogeneous, states have been slow to accept the fact that cultures are in perpetual transformation, and are shaped by conflicts and trade. On the other hand, intellectuals, aware of how the nation develops, consider that they have an obligation to ‘tell’ national history or what they would like that history to be. When France, Italy and Spain become conscious that they are in decline, it is culture that emerges as an instrument for maintaining and ensuring recovery through the dissemination of a more positive image to the world that will, at the same time, contribute to the construction of legitimacy at home as a mirror.

 

Yet, at the beginning of the 20th century, we see the emergence of a new world vision, one that is no longer founded on a traditional heritage. In the West, philosophy, political ideology, avant-garde became transnational and cosmopolitan, particularly since they were developed by people travelling abroad or going into exile. How did this ‘meeting with elsewhere’ transform perceptions of local and national situations? By studying cultural transfers, we can ask what was long thought to be obvious, in terms of an essentialist approach to identity: the existence of national cultures that were closed in on themselves.

 

Our research focuses on four research themes:

1) national fictions, violence: organization of territory and the relationships between space and power; expression of identity-related violence (Basque country); 

2) cosmopolitanism and exile: the role of confrontation with foreigners in the construction of national fiction (liberal exile and Spanish republican exile of 1939); re-evaluation of this fiction during exile and migration;

3) cultural policies in periods of transition: decisive changes in current museum policies in Mediterranean Europe. Museums have now become a focal point for reconversion of the city during the transition in the post-industrial era;

4) avant-garde: intellectual cosmopolitanism and possibilities for a transnational identity and culture. Relationship and viability of artistic and political avant-garde.

 

Our reflections will culminate in a debate on the possibility, modality and significance of a transnational culture, here in terms of a Latin and Mediterranean identity.

 

Main academic activities and publications

Seminars and study days on Exile (E. Giustiniani, 8 and 15 February 2013), Violence (S. Rojo Hernández, 18 January 2013. 21 February 2014), National fictions (P. Aubert, 23 March 2013), Avant-garde (P. Aubert, 1 April 2012, 31 May 2013 and 4 April 2014) and Cultural policies in democratic Spain (N. Morales, 7 June 2013 and 28 March 2014);  

Presentations made during the study days on national fictions and the avant-garde have been published in the Bulletin d’Histoire Contemporaine de l’Espagne, which is now available on revues.org.

Since 2012, the Bulletin d’Histoire Contemporaine de l’Espagne has often published articles based onthe group’s research: 2012, n°46: Le républicanisme en Europe du Sud (M. Suárez Cortina, coordinator); n°47: Violence in Barcelona (1896-1909) (P. Aubert, coordinator); 2013, n°48 : Spring 1936 in Spain (E. González Calleja, coordinator); 2014, n°49: Cultural transfers: the translation (18th-20th century) (P. Aubert, coordinator). BHCE is now preparing its 50th issue on the theme of Spanish intellectuals during the Transition (J. Muñoz, coordinator), to be published in autumn 2014.

 

Publications from the programme’s research: see TELEMME’s web site and individual pages on group members: P. Aubert, G. Dufour, S. Rojo Hernández, E. Fourmont-Giustiniani, N. Morales, I. Renaudet, S. Mourlane , N. Berjoan , Ch. Poupault, J. Fintzel.

 

Research contracts and participation in academic programmes:

P. Aubert is a member of research programme on History of Spanish literature and Republican exile in 1939 (led by M. Aznar Soler) at the Universitat Autònoma de Barcelona; P. Aubert and E. Fourmont-Giustiniani are members of the research programme on Intellectual networks linked to Ortega y Gasset at the Fundación Ortega and the Universidad Complutense Madrid (led by J. Zamora). These contracts are financed by the Ministerio de Economía y Competitividad (2014-2019).

 

International partnerships:

  • P. Aubert: co-supervision of PhD theses by Davide Aliberti (on Sephardic identity from 1924 to the present day, Università degli Studi di Napoli Federico II), and Carlos Rivas (with Universidad de Salamanca), tutoring of Spanish and Italian post-doctoral students for the Fernand Braudel and Marie Curie Scholarships;
  • Convention with the Fundación Ortega – Marañón, Madrid (to be signed in the near future);
  • Relations: with Casa de Velazquez: P. Aubert was a member and director (1991-1997), I. Renaudet, E. Fourmont-Giustiniani and Nicolas Morales were members; J. Fintzel and V. Filippi obtained a scholarship and N. Berjoan has just been recruited for this research institute for the academic year 2014-2015 and with the École de Rome (Ch. Poupault, S. Mourlane)
  • P. Aubert participates in the Doctoral School at Università degli Studi di Napoli L’Orientale and Universidad San Pablo CEU (Madrid). He was Associate Professor (2010-2012) at the Universitatde Barcelona and is co-founder, with Professor J. Casassas, of the Network for a Mediterranean Cultural History, which brings together research teams from the Universities of Barcelona, Madrid, Palma de Mallorca, Tarragona, Viterbo, Rome, O Porto, Lisbon and Athens.

 

Interactions with institutional, cultural and economic circles

6 PhD students are incorporated in our programme.

P. Aubert has contributed in training programmes for Librarians in the Department of Hautes Alpes (18 March 2014).

 

Publications

Publications

Partenaires étrangers