4.3 - Arts et relations entre les arts

Coordination :
Rossella Froissart

Le groupe « Arts et Relations entre les Arts » réunit au sein de l’axe « La culture comme projet » six historiens de l’art moderne et contemporain auxquels se joignent autant de chercheurs associés et de doctorants. Spécialistes de la sculpture au XVIIe siècle, de l’architecture et des jardins ou de la peinture et des théories de l’art au XVIIIe siècle, des arts du décor ou de l’architecture au XIXe et XXe siècle, de la photographie et des média, nous avons choisi une approche commune qui se décline suivant plusieurs thématiques. Cette orientation se résume dans l’intitulé même du groupe, qui dit notre volonté de privilégier le croisement entre productions artistiques, théories et constructions historiographiques. C’est sur ce thème que la « Jeune équipe » du CEMERRA (Centre méditerranéen de recherches sur les relations entre les arts) avait été constituée en 2004 et elle a conservé son caractère lorsqu’elle a été intégrée à TELEMME en 2011, trouvant dans ce laboratoire un environnement stimulant et des moyens accrus.

La relation entre les arts est au cœur de notre discipline, dans laquelle l’analyse des pratiques artistiques est strictement liée à la réflexion sur le statut des objets et de leurs concepteurs ; mais elle est aussi une constante de l’interrogation des artistes sur leurs fins et leurs moyens. Paragone de la Renaissance, bel composto baroque, Gesamtkunstwerk des premiers temps de l’avant-garde, installations contemporaines, la question des limites et des rapports entre les arts est un moteur privilégié de la création en Occident. Le patrimoine local, et plus généralement celui du bassin méditerranéen, gagne aussi à être abordé selon cette approche pluridisciplinaire qui exige la prise en compte de l’histoire des techniques, incite à retracer les transferts culturels, éclaire les productions à la lumière des écrits produits dans les champs proches de l’esthétique, de la critique, ou de la littérature. Une généalogie des images se dégage alors, qui nous aide à mieux évaluer leur pouvoir de prolifération et l’ampleur des circulations, nous incitant à dépasser les stéréotypes d’une histoire de l’art redevable de hiérarchies et de récits nationaux révolus.

 

Des séminaires réunissent périodiquement les membres d’AReA et les chercheurs associés pour exposer les résultats de recherches communes.

Celui sur « Critiquer l’ornement » (2012-2013) s’inscrivait dans un programme visant, à terme, l’édition critique de l’anthologie de sources Ecrire l’ornement, penser le décor (1550-1940). En 2014 le séminaire « Dal Naturale » prépare le colloque conçu en collaboration avec l’Académie de France à Rome, l’INHA, le centre André Chastel (septembre). Il s’agit d’explorer la notion d’ « imitation » et de confronter les termes de « réalisme » ou « naturalisme », les concepts de « vrai », « vraisemblable » ou « belle nature » aux pratiques différentes mises en œuvre par les artistes à partir de la Renaissance.

La problématique de l’ornement fédère également plusieurs membres d’AReA dans l’ATRI Régénérer l’art au contact de la Grèce. Un mythe à l’épreuve des faits dans l’histoire de l’ornement (France 1740-1801). L’examen critique de textes théoriques, écrits d’artistes et œuvres d’art nous aidera à repenser les catégories historiographiques léguées par une histoire de l’art façonnée par le dictat moderniste. Conçue dans une collaboration étroite entre historiens de l’art et archéologues, l’enquête se propose de rapprocher les sources, les faits et les objets afin de redessiner les contours d’une histoire des « styles » bien trop schématique, voire fausse. Les corpus de textes critiques sur l’ornement rocaille sera privilégié. Mais ces textes éclairent-ils réellement les pratiques et les pédagogies artistiques ? Corrélé au mythe de la « régénération » de l’art au contact de l’antique, ce questionnement s’inscrit dans un rapport d’échanges et d’émulation avec les spécialistes historiens du groupeFigures du temps, projections de l’avenir. Récits, images, cultures (espace euro-méditerranéen. XVIIe-XXIe siècles).

L’étude des revues d’art est l’une des orientations principales développées par AReA à partir du colloque organisé en 2008 sur les Revues d’art au XXe siècle (PUR 2011). Une convention avec l’INHA, la réédition de Revues d’art à Paris 1905-1945 (PUP 2014) d’Y. Chevrefils Desbiolles (membre associé) et les recherches lancées par les universités de Milan, Rome et Naples ont été l’occasion d’échanges. Sur ce terrain notre équipe rencontre celle travaillant sur L’information dans l’Europe méridionale, du siècle des Lumières au temps présent (Axe 5).

Sur le plan local, le projet « Bastides », réunit des membres d’AReA et de l’équipe Environnement, paysages et mutations des territoires. Mené en collaboration avec la Direction du Patrimoine de la ville d’Aix et la DRAC PACA, il se donne comme objectif d’étudier le phénomène bastidaire dans toute sa complexité. AReA privilégiera l’architecture et les jardins, les distributions et les décors, les modes de vie et leur évolution, dans le cadre de la publication commune d’un Atlas des bastides du Pays d’Aix (2015).

L’arrivée d’un contemporanéiste spécialiste d’histoire de la photographie nous a permis d’ancrer davantage AReA dans des projets concernant le bassin méditerranéen, en lien avec le MuCEM et l’IMERA.

 

 

--------- English version

TELEMME – Group 4.3 – The Arts: Practices, Images, Discourse (AReA)

(intermediary title: Deconstructing historiographical categories)

 

Arts et Relations entre les Arts (AReA - The Arts and relationships between them) as part of the Culture as Project research theme brings together six modern and contemporary art historians and a number of associate researchers and PhD students. As specialists in 17th century sculpture, architecture and gardens, 18th century painting and art theories, and 19th and 20th century decorative and architectural arts, photography and media, we have chosen to take a common approach covering several themes. The name we have given to our group demonstrates this orientation and confirms our desire to give priority to understanding how artistic productions, theory and historiographical constructions can be linked. This fundamental approach led to the establishment of the ‘Young Team’ as part of CEMERRA (Centre méditerranéen de recherches sur les relations entre les arts) in 2004 and was retained when, in 2011, the team became affiliated with TELEMME, where it has found a stimulating new environment and greater resources.

The relationship between the arts lies at the heart of our discipline, in which analysis of artistic practices is closely linked to a debate on the status of objects and of their creators; but it is also a constant theme in the way artists reflect on their objectives and resources. Paragone of the Renaissance, Baroque bel composto, Gesamtkunstwerk during the early days of avant-garde, contemporary installations: how to come to terms with limits and rapports between different forms is a key element in Western art. Local patrimony, and more generally Mediterranean heritage, also benefits from a multi-disciplinary perspective that takes into account the history of techniques, analysis of cultural transfers, and a review of artistic productions including writings on aesthetics, criticism and literature. Thus, we can see the emergence of a genealogy of images that allows us to achieve a better appreciation of their ability to proliferate and to be widely disseminated and thus encourages us to go beyond stereotypes inherent in a history of art based on past national hierarchies and debates.

AReA members and associate researchers hold regular seminars during which they present their research.

The seminar on Criticizing ornamentation (2012-2013) was part of a long-term programme to produce a critical edition of an anthology of sources entitled Writing about ornamentation, thinking about decoration 1550-1940. In September 2014, the seminar on Dal Naturale laid the groundwork for a conference organized in collaboration with the Académie de France in Rome, INHA, the Centre André Chastel. At this meeting, participants discussed the notion of ‘imitation’, explores the differences between ‘realism’ and ‘naturalism’, and reviewed the concepts of ‘real’, ‘realistic’ and ‘belle nature’ in terms of various artistic practices since the Renaissance.

Several AReA members contribute to the ITRW Regenerating art through contacts with Greece. A confrontation between myth and history of ornamentation (France 1740-1801). A critical study of theoretical texts, artists’ notes and artworks will allow us to rethink historiographical categories inherited from art history and shaped by modernist diktats. Designed through close collaboration between art historians and archaeologists, this survey will make a close examination of sources, facts and objects in order to revisit the history of ‘styles’ that has become too schematic or even false. In particular, we will focus on critical texts on Rococo decoration. But will they shed light on artistic practices and teachings? By correlating the myth of ‘regeneration’ of art through contact with Antiquity, this research will explore the relationship between exchange and emulation, in collaboration with specialist historians from the Group Figures of time, projections of the future : Stories, image, cultures (Euro-Mediterranean space, 17th-21st centuries).

One of the main themes developed by AReA is a review of art journals, following the conference organized in 2008 on Revues d’art au XXe siècle (PUR 2011).

AReA’s research also focus on obtaining a contract from INHA, producing a new edition of Revues d’art à Paris 1905-1945 (PUP 2014) by Y. Chevrefils Desbiolles (Associate member) and engaging in research with the Universities of Milan, Rome and Naples. Here, we have met another research team working on Information in Southern Europe from the Enlightenment to the Present Day (Axe 5).

In the region around Aix-en-Provence, AReA members and the Environment, landscapes and changes in territories team are working together on the Bastides project. In collaboration with Aix-en-Provence’s Heritage Service and the Regional Service for Cultural Affairs in the PACA Region, this project will study Provençal bastides in all their complexity. AReA will focus specific aspects of their architecture and gardens, location and decoration, lifestyles and evolution. The objective is to publish an Atlas of bastides in the Aix region (2015).

The arrival of a specialist in the history of photography has allowed AReA to strengthen its position in seeking future Mediterranean projects in collaboration with MuCEM and IMERA.

AReA (Nathalie Bertrand, Rossella Froissart, Marie-Pauline Martin, Mireille Nys, Alexandre Quoi, Magali Théron)

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