4.2 - GeFeM - Genre, Femmes, Méditerranée

 

Groupe 2 : Genre, Femmes, Méditerranée

 

Coordonnatrices : Karine Lambert, Anne Montenach

 

 

Séminaire 2011-2012 (jeudi après-midi, salle E. Temime, MMSH)

 

 

 

Jeudi 20 octobre (15h-17h) : Sylvette Denèfle (sociologue, Université de Tours), « La ville, miroir grossissant des normes de genre »

Jeudi 17 novembre (14h-17h) : Véronique Ginouvès (médiathèque, MMSH), « Les ressources électroniques pour les chercheurs en SHS »

Jeudi 15 décembre (14h-17h) : Chantal Guyot de Lombardon (TELEMME), présentation de son ouvrage Joachim et Marie Gasquet. Deux écrivains de Provence à l’épreuve du temps, Académie d’Aix Editions, 2011 ; Caroline Rimbault-Minot (TELEMME), « Deux femmes créatrices au XIXe siècle ».

Jeudi 19 janvier (15h-17h) : Véronique Poutrain (sociologue, IUFM de Nice), « Les sexualités transgressives »

Jeudi 16 février (15h-17h) : Claude Ber (écrivain, éditrice), « Ecriture et folie »

Jeudi 29 mars : Comité directeur du RING (matin) ; ½ journée Jeunes Chercheurs Efigies (après-midi)

Jeudi 19 avril (15h-17h) : Annick Tillier (BNF), « Marie Vaillant, itinéraire d'une domestique bretonne : entre traditions et transgressions » 

Jeudi 24 mai (15h-17h) : séance de travail du groupe

Jeudi 14 juin (15h-17h) : Coline Cardi (sociologue, Paris VIII), "Le contrôle social des femmes déviantes"

  

 

 

Thème du quadriennal 2012-2015

 

Genre et transgressions :

pratiques, stratégies, représentations dans l’espace euro-méditerranéen (XVIe-XXIe siècles)

 

 

 

 

 

 

 

INTRODUCTION :

 

 

Si l’analyse sociologique ou historique montre comment les bouleversements vécus par des sociétés données font évoluer voire redéfinissent les liens sociaux, l’étude des marginalités permet quant à elle de repérer les marges et les failles des systèmes normatifs. Celles-ci offrent – différemment selon les sexes – la possibilité de contourner le carcan des règles instituées et produisent des figures féminines que l’on retrouve avec une certaine constance sur le temps long : femmes divorcées, adultères, prostituées, filles-mères, brigandes, émeutières, contrebandières, vagabondes, mais aussi artistes, créatrices en général, militantes féministes… Mais ces profils incarnés de la transgression n’en sont pas moins des « figures de la norme » si l’on tient compte des interactions avec l’entourage et des solidarités en jeu. De ce fait, la norme nécessite une attention renouvelée qui ne se contente pas de la définir comme oppressante, mais qui prenne aussi en compte son utilisation dans les trajectoires et les réalisations des unes et des autres.

Nous nous attacherons ainsi à comprendre la combinaison des différents registres de normes. Par une approche microsociologique, nous analyserons les ressources mobilisées par les femmes pour s’imposer sur les scènes économique, politique ou sociale en l’absence de droits reconnus, les résistances auxquelles elles se heurtent et leur manière de négocier avec les normes institutionnelles et les normes de genre qui les cantonnent dans des sphères restreintes. Ici seront questionnées les interactions entre le droit, les cultures et les pratiques transgressives avec un intérêt tout particulier apporté aux contraintes, aux conventions et aux « règles du jeu » qui encadrent les actions des hommes et des femmes. Quelles sont les lois et les normes qui font sens pour les acteurs (qu’ils s’y conforment ou cherchent à y échapper) ? Quelles sont au contraire celles pour lesquelles toute répression de la transgression leur paraît illégitime ? Pour une époque donnée, les normes s’imposent-elles de manière variable selon les générations ? L'objectif n'est pas seulement de proposer ici une description de formes transgressives liées au genre mais bien plutôt d'interroger ce qui est conçu par les individus et les groupes comme des transgressions des normes de genre et d'explorer parallèlement comment ces transgressions sont produites, négociées et vécues individuellement et collectivement.

On abordera les pratiques transgressives et les discours qui les qualifient en posant la question des trajectoires personnelles, des parcours, des mobiles, de l'inscription de ces pratiques dans des stratégies occasionnelles/ durables. Dans cette perspective, il sera utile d'interroger les reconfigurations des normes de genre éventuellement induites par ces pratiques individuelles transgressives. D'une part, comment elles participent à l'élaboration, à la négociation, à la reformulation des normes de genre ? Mais aussi, comment les pratiques transgressives participent de la re-création de nouveaux rapports à la norme pour l'ensemble des acteurs sociaux ?

Nous nous proposons de travailler sur les écarts entre les normes et les pratiques mais aussi sur la mise en œuvre, plus difficile à cerner, de conventions tacites relevant de l’infra-institutionnel et sur les rapports entre conflits et institutionnalité (par exemple en interrogeant le concept de déviance et les définitions changeantes des notions de crime économique, crimes d’honneur, crimes sexuels). Dans cette optique, nous tenterons également de détecter les passages et gradations possibles entre le monde du licite et celui de l’illicite. Nous questionnerons le rapport aux normes des individus en prenant en compte les espaces de transmission (ou socialisation), de consolidation voire de contestation de ces mêmes normes, à savoir les familles mais aussi d’autres échelles et espaces de fabrication des individus tels que la ville, l’école, le travail, le cinéma par exemple. Ces espaces sociaux pourvoyeurs d’opportunités et de représentations où s’enchevêtrent quotidiennement différents univers de références mettent à mal les normes dominantes, notamment celles régissant les rôles sociaux de sexe et les rapports de genre. Dans ce contexte, les féminités et masculinités se maintiennent ou se modifient sur fond de tensions et de conflits quotidiens. Nous nous attacherons en définitive à interroger la manière dont les pratiques transgressives contribuent à la production d’espaces sociaux spécifiques. Enfin, nous questionnerons le traitement par la postérité des pratiques transgressives entre banalisation, condamnation, occultation  et valorisation.

Notre projet, résolument comparatiste, explorera sur le temps long (XVIe-XXIe siècles) différents espaces de l’aire euro-méditerranéenne.

Du point de vue méthodologique, nous privilégierons une approche résolument anti-systémique et praxéologique par l’exploitation des apports de la microstoria et des case studies tout en jouant sur les variations d’échelles. Nous tenterons de cheminer au plus près de certains parcours individuels d’hommes et de femmes replacés dans leur environnement social et « suivis à la trace ». Cette démarche constitue le préalable indispensable à un travail de repérage des solidarités et des réseaux en même temps qu’à une réflexion sur la notion même de stratégies – individuelles ou collectives.

Notre projet se déclinera en 3 axes de recherches :

 

 

 

AXES DE RECHERCHE

 

 

1. Marginalités, conflictualités, criminalités

Dans les situations de remise en cause des systèmes normatifs, notamment en période de crise, les femmes des catégories populaires accèdent à la visibilité sur les scènes sociale, politique et économique dont elles sont, en principe, exclues. Transgression des normes ou recherche d’un dialogue avec le(s) pouvoir(s), la conflictualité, la violence, l’adoption de comportements « déviants » ou marginaux  constituent pour les femmes un moyen d’investir la sphère publique. En ce sens, ils sont à envisager comme des éléments structurants, voire productifs, de la société, en même temps que comme des observatoires privilégiés des modalités de la construction des identités de sexe. On s'intéressera également à la manière dont les acteurs de pratiques transgressives peuvent se constituer en entrepreneurs de norme: soit en revendiquant le caractère désirable et généralisable de leurs conceptions et de leurs postures à l'ensemble de la société, soit en imposant à l'intérieur même du cadre marginal où ils évoluent un certain nombre de règles et de normes de comportement. 

-Anne Montenach (UMR TELEMME) : Genre et économie informelle dans les espaces frontières

-Karine Lambert (UMR TELEMME) : Genre, brigandage et criminalité organisée

-Christophe Regina (UMR TELEMME) : La transgression popularisée. Les factums judiciaires à Marseille au siècle des Lumières; pratiques  et enjeux

 -Martine Lapied (UMR TELEMME) : La conflictualité comme moyen d’expression politique pour les femmes de l’Ancien Régime à la Révolution : des pratiques « normales » vues comme transgressives ?

-Caroline Mackenzie (UMR TELEMME) : Devenir ‘hors-la-loi’ pour survivre: stratégies, transgressions et représentations des femmes migrantes dans les régions méditerranéenne et latino-américaine aux XX et XXIe siècles

 

2. Marginalités et transgressions

Sexualité hors mariage, prostitution, sans-abri, toxicomanies, conduites agressives, bandes de rue… autant de modes de vie et pratiques féminines à interroger à nouveau à l’aune de ce qu’il en coûte de braver les interdits. Aussi, sans pour autant présumer du lien entre violences et précarité socio-économique, dans quelle mesure le genre affecte-t-il l’irruption de pratiques violentes dans des situations de transgression des normes sociales ? Il s’agira donc ici de mettre en lumière moins les formes de la marginalité sociale que les processus qui ont favorisé l’émergence de violences, ainsi que les modes de négociation féminins dans les tentatives de gérer les conflits et de limiter leurs effets.

 -Renée Dray-Bensousan (UMR TELEMME) : Créativité dans la marginalité et par la transgression, le cas des femmes dans les camps.

-Nathalie OSTROOT : Etude des métiers féminins non conventionnels à Aix en Provence de la fin du XIXe siècle aux années 1940.

-Jean-Marie Zingraff (UMR TELEMME) : Sexualité et transgressions. Etude comparée (XVIIe-XVIIIe siècles )

-Paul Allard (UMR  6012 ESPACE) en collaboration avec l’ Association Provençale de Recherche en Histoire du Travail Social : Normes, genre et travail social ( 1940-1975)

3. Représentations et « self representation »

Cet axe s’attachera à l’étude des représentations et des discours nourris par les femmes, en particulier dans des sociétés dominées par les hommes : quelle place pour la parole des femmes ? Comment accéder à ces voix féminines du passé, pour sortir de la dichotomie femmes victimes/femmes criminelles ? On étudiera en particulier les stratégies de contournement et les formes de résistances collectives et individuelles des acteurs sociaux – hommes ou femmes – aux interdits et aux représentations discursives et iconographiques qui fixent la norme.

-Geneviève Dermenjian (UMR TELEMME) : Etude genrée de la presse d'Algérie (XIXe-1939)

-Chantal Guyot- de Lombardon, (UMR TELEMME) : Marie Gasquet (1872-1960) : Ce que les Femmes disent des Femmes, un florilège  entre conformisme et transgression ?

-Jacques Guilhaumou (DR CNRS –UMR TRIANGLE) : Trajectoires de citoyennes en révolution

- Nicole Cadene (UMR TELEMME) : Création et transgression. Parcours d’artistes au XIXème siècle.

-Vannina Olivesi (UMR TELEMME) : Interdits, genre et légitimité dans le champ chorégraphique, France-Italie, XVIIIe-XIXe siècles.

-Randi Deguilhem (DR CNRS-IREMAM) : Paroles filmées, paroles genrées : l’expression cinématographique du 21e siècle des femmes sur elles-mêmes de la Méditerranée Rive sud  

-Alexandre Lhâa (UMR TELEMME) La violence des femmes dans les opéras italiens et français (XIXe-XXe siècles)

-Claudine Guiard  (UMR TELEMME): Contestation du genre par des Européennes en situation coloniale : outil de visibilité ou volonté de reconfiguration des normes genrées existant en Algérie (1830-1939).

-Sabine Savornin (EA 4235 Cielam, Université de Provence) :  Femmes modèles, modèles de femmes

-Caroline Rimbault-Minot (UMR TELEMME) : Le théâtre des femmes : être comédienne, un espace de transgressions ? (XVIIIe-XIXe-début-début XXe siècles).

 

 

COLLABORATIONS SCIENTIFIQUES :

 

 

 

MMSH

IREMAM

IDEMEC

Programme transversal Paternité/Maternité

Université de Provence :

EA 4235 CIELAM

FRANCE :

UMR TRIANGLE, Lyon, groupe Genre et politique ( Anne Verjus)

Fédération RING (membre du comité directeur)

Réseau MSH Gis-GENRE

INTERNATIONAL :

-Projet européen  ITN « Gendermed »

-Réseau européen « Gender in the European Town (early modern to modern) » piloté par Deborah Simonton (University of Southern Denmark, Kolding)

-Laboratoire Patrimoine de Tunisie, Faculté des Lettres, Université La Manouba-Tunis : Dalenda Larguèche ( PU- Histoire)

-Centre Marocain des Sciences sociales (CM2S,) University Hassan II Aïn Chock Casablanca Maroc

-Marta Segarra, Professeure, Directrice du Centre Dona i literatura (Femmes et littérature) / Chaire Unesco Femmes, développement et cultures, Facultat de Filologia, Universitat de Barcelona

- Vinciane Pirenne-Delforge, Maître de recherche au F.R.S.-FNRS, Université de Liège, Département des Sciences de l'Antiquité
-Efi Avdela ,Professeur en Histoire Contemporaine, Département d’Histoire et Archéologie, Université de Crète.
 

 

 

 

 

PROGRAMME :

 

 

- un séminaire mensuel de recherche où sera présentée une communication d’un membre de l’équipe ou d’enseignants-chercheurs invités.

- des journées d’études (1 à 2 par an) dont une journée consacrée aux travaux de jeunes chercheurs

- collaboration avec d’autres groupes aux thématiques proches relevant de l’UMR TELEMME ou de laboratoires de la MMSH

- une publication collective en fin de quadriennal 

 

Activités

 

Organisation de :

Publications

Publications