HISTINERAIRES [ANR]
Coordination :
Maryline Crivello

 

ANR HISTINERAIRES - La Fabrique de l'Histoire telle qu'elle se raconte - The making of history as it tells itself

Programme blanc 2013

Centre Georges Chevrier de Dijon, le Larhra de Grenoble, l'UMR 7303 Telemme d’Aix-Marseille, l’IHTP à Paris

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http://crheh.hypotheses.org

Résumé du projet:

Le projet « La fabrique de l’histoire telle qu’elle se raconte », de son acronyme HISTINÉRAIRES, se propose d’étudier les « Mémoires de synthèse des activités scientifiques » des habilitations à diriger des recherches soutenues en histoire depuis le début des années 1990 jusqu’à 2010. Ce corpus inexploité, distinct du « travail inédit » souvent objet de publication et du recueil d’articles, constitue un gisement d’informations sur la communauté historienne contemporaine. Il est susceptible de nourrir une véritable sociologie de la profession et une étude de l’historiographie et de ses évolutions non plus fondée sur les écrits de quelques chefs de file mais ancrée dans la masse des parcours de recherche d’une génération d’historiens.
Il prend acte de la valorisation de la réflexivité au sein de la communauté historienne et s’appuie sur les apports de la sociologie et de l’histoire des sciences.
À partir de ce corpus il s’agira, en premier lieu, de dresser un portrait collectif de la recherche contemporaine en histoire en analysant les itinéraires institutionnels et intellectuels des chercheurs concernés.
Au titre des aspects institutionnels nous collecterons notamment : les parcours universitaires, le temps passé dans l’enseignement secondaire, les lieux de soutenance, l’âge à la soutenance, le genre, la composition du jury, le devenir du candidat...
Au titre de l’itinéraire intellectuel et de façon non limitative : le volume de la production au moment de la soutenance, les références théoriques mobilisées (références aux sciences sociales et à la philosophie notamment), la connexion avec les historiographies étrangères, l’évolution des objets et des démarches de recherche, l’inscription revendiquée dans un « sous-champ » (histoire culturelle, histoire économique, histoire sociale...), l’inscription dans les débats historiographiques contemporains, l’implication dans la vie de la cité (réponses aux « demandes sociales », diffusion des savoirs) ...
Ces données feront l’objet d’un traitement quantitatif et cartographique débouchant notamment sur une géographie de la recherche et des réseaux qui la structurent. En second lieu l’enquête s’intéressera à la façon dont les historiens ont interprété l’exercice de « synthèse des activités scientifiques » certains optant pour un CV étoffé tandis que d’autres y analysent, de façon plus ou moins soutenue, le rapport personnel qu’ils entretiennent à l’histoire qu’il produisent – intégrant, ou non, la problématique auto-réflexive impulsée par les Essais d’ego-histoire rédigés et rassemblés à l’initiative de Pierre Nora. L’enquête permettra donc de dégager l’évolution d’un genre à l’origine peu défini. Comme pour les débats historiographiques ou/et épistémologiques le traitement des informations collectées sera essentiellement qualitatif tout en intégrant les apports de l’analyse de discours. Ce corpus sera complété par des entretiens oraux avec des tuteurs d’HDR et l’étude de la genèse de cette exigence introduite avec l’arrêté du 5 avril 1988 relatif à l’habilitation à diriger des recherches.
Au total, il s’agira à la fois de dresser la cartographie d’une communauté telle qu’elle n’a jamais entreprise en s’appuyant sur ce qu’en disent ses acteurs soit le projet d’une historiographie « vue d’en bas » pour reprendre un mot d’ordre devenu classique de l’historiographie. De ce point de vue, la subjectivité à l’œuvre dans ces écrits, bien évidemment contrainte par leur caractère institutionnel, loin d’être un handicap permettra d’informer la recherche sur les stratégies institutionnelles et intellectuelles à l’œuvre.

 

Résumé du projet (anglais)

 

The project “La fabrique de l’histoire telle qu’elle se raconte” (the making of History as it tells itself), also known as HISTINÉRAIRES, , has for object the study of the “mémoires de synthèse des activités scientifiques” of the habilitation (HDR) to supervise research submitted in history departments since the early 90s’ to 2010. This yet unexploited material, different from the “travail inédit” which is often published and from the article collection, has become a treasure trove of information about the contemporary historical community. Its examination will enable the establishment of a new sociology of the profession as well as a renewal of contemporary French historiography and its developments, no longer based on the writings of a few well known historians but rooted in a generation’s research paths.
It roots from the growing importance of reflexivity among the historian community and relies on the findings of sociology and the history of sciences.
The first objective of the project will be to sketch a group portrait of the present-day researchers in history through an analysis of the institutional and intellectual paths.
Among the institutional aspects, will be accounted for: the academic path, the time spent teaching in the secondary cycle, the place where the viva was held, the age and gender of the candidate, the members of the jury, the future of the candidate...
For the intellectual aspects, data on the volume of production at the time of the viva, the theoretical references made (to social sciences or philosophy), the connections with foreign historiography, the evolution of themes and approaches of research, the inscription into a specific field (cultural history, economical history, social history...), the participation to current historiographical debates, the involvement in community life (answers to the “social demands”, diffusion of knowledge) will be collected.
This information will be treated through cartographic and quantitative tools, enabling the establishment of geographical mappings of research and its structuring networks.
The second part of the project will investigate how historians interpret their exercise of synthetizing their scientific activities. Whereas some chose to provide a long resume of their accomplishments, others analyzed their personal relationship to the histories they make by sometimes integrating Pierre Nora’s auto-reflexive problematic, which started with his Essais d’ego-histoire. This investigation will reveal the evolution of a still roughly defined exercise. As with the historiographical and/or epistemological debates, the treatment of the data will mostly be qualitative while integrating discourse analyses.
This corpus will first be completed and enlightened by oral interviews of HDR tutors, and with a study of its genesis, on April 5th 1988 with the decree on the habilitation to supervise research.
The global aim of the project will be to establisha groundbreakingcartography of the community, which would rely on the writings of its members. It is a project of a historiography from below, to use a common term nowadays. From this point of view, the writings’ subjectivity present through the academic canvas, far from being a handicap, will inform research on various institutional and intellectual strategies in action.

 

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