GOUVAREN [ANR], Gouverner par l’enquête au Moyen Age
Coordination :
Laure Verdon

1.1 Contexte du projet, enjeux et état de la question

Depuis une quinzaine d’années, l’histoire politique du bas Moyen Age a vu ses problématiques s’orienter vers la question du gouvernement et, de manière plus spécifique, se repositionner autour du thème des modalités de l’art de gouverner mis en place par les princes en Occident à partir du XIIIe siècle.

En termes strictement politiques, « gouverner » suppose une volonté d’agir, de mobiliser savoirs et pratiques en vue de doter l’action politique d’outils performants. Le « gouvernement » se définit, ainsi, comme « l’ensemble des techniques, des pratiques, des représentations qui mettent en acte la souveraineté d’un prince [1]» ou de tout type de pouvoir exerçant et revendiquant une autorité de nature publique. Cette mise en acte et en scène s’appuie, en même temps qu’elle le révèle, sur un ressort essentiel : la cohérence d’une pensée systémique qui imagine les champs d’action du gouvernement, ainsi que le rôle et les limites posées à l’autorité de ses acteurs, comme les reflets fidèles de l’idéal politique incarné par le souverain.

Dans le cadre de la thématique de la genèse de l’État moderne en Europe[2], les historiens s’efforcent désormais de saisir les articulations construites par les théoriciens médiévaux eux-mêmes entre pensée politique et pratiques administratives, de mettre au jour les modalités de la mise en œuvre concrète, sur le terrain, des théories politiques relatives au Bon Gouvernement, un idéal défini par les juristes au service des autorités publiques dès le XIIIe siècle[3]. La science politique, élaborée par les cercles savants des cours et fondée tant sur la théologie que sur le savoir juridique, que l’on s’accorde à faire naître au XIVe siècle, serait précisément le signe de la modernisation des pratiques gouvernementales, dans le sens où elle permettrait de définir un « gouvernement » idéal, ou, pour reprendre le terme utilisé par les sources médiévales, un « statut souverain » fondé sur les vertus de justice et de sagesse[4].

Tout à la fois outil conceptuel et instrument de légitimation de l’autorité, « science » car conjuguant savoirs « savants » et techniques administratives, la pensée politique sous-tend ainsi, à partir du XIIIe siècle, l’essor et la diversification des pratiques de gouvernement. Elle est également à l’origine du forgement de nouveaux instruments destinés à doter l’autorité publique de moyens d’action modernes et efficaces. Parmi ceux-ci, l’enquête apparaît comme recélant de nombreux atouts.

Les États occidentaux ont utilisé l’outil politique et administratif qu’offre la procédure publique d’enquête, entendue au sens large de recueillir une information par le biais de l’interrogatoire de témoins, dès le milieu du XIIIe siècle[5]. L’enquête médiévale est cependant un objet complexe, dont l’ambivalence et la plasticité apparaissent bien dans la définition même du terme inquisitio, qui sert à la désigner dans les textes[6]. Cette complexité est due, d’une part, à la procédure sur laquelle elle est établie : l’enquête peut, en effet, résulter d’une procédure judiciaire au sens strict dont la finalité est de produire un jugement, mais aussi de la volonté de publier une information, voire d’un « appel d’offre » émanant d’une institution pour établir la vérité d’un fait ou d’une pensée[7]. En ce sens, si l’enquête judiciaire relève par définitiond’une procédure secrète – seul le juge a connaissance du contenu des témoignages-, l’enquête commanditée par l’autorité souveraine, dans l’objectif d’établir l’état de ses droits, de ses finances, ou de corriger les agissements de ses fonctionnaires, ne peut être que publique et se définit même par ce caractère, ce qui n’est pas le moindre de ses atouts. Les objets de l’enquête, d’autre part, sont aussi divers, et peuvent toucher tant aux domaines de l’administration, de la fiscalité, de la justice que du savoir ou de la foi ; ses usages, enfin, s’étendent à partir du XIIIe siècle, du recensement de terres et de droits à l’instauration d’une procédure de contrôle des officiers, en passant par le règlement des contentieux juridictionnels, sans oublier la « révolution » en matière judiciaire qu’est censée avoir entraîné l’essor de la procédure inquisitoire dans les cours de justice, sous l’influence, selon les historiens du droit, de l’Inquisition.

Dans le cadre de la mise en place d’un gouvernement, l’enquête publique due à la volonté souveraine apparaît d’abord comme un précieux outil technique de gestion administrative et fiscale, un usage désormais bien connu des historiens que l’on tend à rapprocher de la documentation comptable produite par les chancelleries princières et souveraines, aussi bien dans sa forme que sur les objectifs qui lui sont assignés, et, d’une manière plus générale, de l’écrit « pratique »[8].

Réduire l’enquête publique à son seul aspect technique ne suffit cependant pas à rendre compte du véritable engouement que connut ce type d’instrument. Pour saisir les rapports complexes qu’elle entretient avec l’art de gouverner, objet et ambition de ce programme, il faut encore en scruter les origines, découvrir notamment les références juridiques sur lesquelles son usage repose, décortiquer la procédure qu’elle met en œuvre dans sa quête de « vérité », s’interroger, enfin, sur les modalités du « dialogue » et de la négociation qu’elle semble mettre en place entre l’autorité publique et les sujets.

Dans ce contexte, le projet GOUVAREN propose l’édition d’un corpus exceptionnel constitué par les 30 registres de l’enquête générale menée en Provence entre 1331 et 1334, sur ordre du roi de Naples et comte de Provence Robert Ier d’Anjou, par l’archiprêtre de Bénévent Léopard de Foligno.

Un cadre d’analyse tel que la Provence présente deux avantages. Le premier est de nous inscrire, pour la période historique considérée, dans un ensemble politique original, multiculturel mais méditerranéen, fondé sur l’union personnelle (le comte de Provence, également comte d’Anjou, est devenu roi de Sicile puis de Naples) et marqué par la discontinuité territoriale. La seule Provence hérite par ailleurs, à l’avènement de la maison d’Anjou en 1246, de solides structures administratives, d’un maillage local de ressorts territoriaux et d’une première génération d’offices et d’officiers. Cet aspect pose la question de la viabilité de l’État, des mécanismes idéologiques, administratifs, techniques pour en assurer la pérennité, dans une zone où l’idée d’État est précoce et structurée dès la seconde moitié du XIIIe siècle.

Le second avantage de ce point d’observation est qu’il recèle un exceptionnel corpus d’actes, registres et correspondances administratifs, complétés par des documents comptables, les registres de clavaires, que ces officiers locaux chargés de l’administration financière de leur ressort (baillie ou viguerie) devaient composer et restituer à leur sortie de charge. Le tout est actuellement conservé pour l’essentiel dans les archives départementales des Bouches-du-Rhône. Au sein de cet ensemble, les enquêtes générales décidées par le prince ponctuent avec une notable régularité la période envisagée.

Les enquêtes répondent à un double objectif. Dans un premier temps, elles s’efforcent de dresser à chaque fois un état des droits princiers, en distinguant les droits royaux directement administrés ou mis à ferme et les biens confiés à des tenanciers dont de longues reconnaissances de tenures enregistrent les déclarations jurées, puis de réprimer les usurpations des droits souverains ainsi que de contrôler les agissements des officiers.

L’enquête publique de 1331-1334 prend place à un moment déterminant du règne de Robert d'Anjou, ce qui lui confère une dimension politique certaine. La mort de son héritier, Charles de Calabre, en novembre 1328, crée un climat d'instabilité dynastique latent. L'entreprise domaniale de 1331-1333 peut ainsi revêtir une dimension idéologique et la perspective d'une œuvre de consolidation et de légitimité politique. Elle peut donc rassembler autour d'elle aussi bien les historiens de la construction de l'État et des représentations politiques, que les spécialistes de l'économie ou des structures sociales.  

Notre programme s’articule autour de trois grands axes qui permettront de répondre à la problématique générale de l’enquête publique comme outil politique de gouvernement.

Axe 1 (1ère année - 2009) : L’enquête en marche  

Au regard des pratiques de gouvernement, le corpus des enquêtes générales offre de très riches pistes de réflexion. L’État médiéval parvient aux XIIIe et XIVe siècles, à un stade de développement où il lui faut inventer un nouveau lien politique, fonder sa légitimité sur un lien de sujétion qui ne soit plus seulement et ouvertement contraint. En cela, la pratique de l’enquête publique s’avère d’une importance capitale pour penser ce nouveau stade.

Nous pourrons exploiter deux pistes dans un premier temps : celle de l’usage des rites procéduraux dans le cadre de l’administration et du gouvernement et de la pratique de la déambulation dans la mise en place de l’enquête, puis celle des techniques, mises en œuvre a posteriori dans un cadre sédentaire, destinées à compléter, enrichir et contrôler l’information ainsi obtenue. Si ces structures administratives, chancellerie, conseil royal, chambre des comptes et archives, appareil judiciaire, ont en effet attiré l’attention des chercheurs depuis longtemps et ont connu de notables et récents renouvellements de problématiques, on ne peut en dire autant des pratiques de déambulation. La visite, dont les origines pastorales méritent encore d’être analysées, reste pourtant essentielle en un temps où l’information circule lentement. Elle constitue non seulement une mise à jour des données qui permettent la prise de décision politique, mais elle permet aussi le contrôle des officiers locaux et donne ainsi à l’appareil administratif central un complément d’information essentiel.

Absence physique du prince, désincarnation du lien de fidélité, construction d’un appareil étatique pérenne distinct de la seule personne du souverain, mais qui en émane, tous ces phénomènes confrontés à des nécessités financières accrues débouchent sur des expériences étatiques et des modes de gouvernement très novateurs. La pratique de la déambulation, particulièrement illustrée par l’enquête générale, y occupe une place singulière.

Axe 2 (2ème année – 2010) : L’enquête, un outil technique au service d’une pensée politique

Autour de l’enquête réalisée sous l’autorité de Léopard de Foligno, qui constitue certainement un des cas les plus aboutis de ce type d’actes de gouvernement, nous nous pencherons sur les modalités techniques de la pratique administrative. L’art de gouverner, s’il répond à l’idéal politique du Bon Gouvernement, est aussi une pratique, dont les éléments se sont perfectionnés au cours du XIIIe siècle et connaissent au XIVe siècle un épanouissement certain.

Les archives de l’Etat angevin, réparties entre Naples et Aix-en-Provence, témoignent de cet accroissement exponentiel des actes administratifs. Toutefois, la destruction contemporaine des archives napolitaines rend les dépôts provençaux d’autant plus précieux, et leur étude en tant qu’ensemble cohérent témoignant d’une pratique voulue et ordonnée par le souverain d’autant plus pertinente pour notre démarche. Dès la fin du XIIIe siècle, les souverains ont prévu une organisation spécifique de leurs archives, en même temps qu’ils imposaient à leurs officiers des pratiques et procédures administratives renforçant le processus de centralisation de l’appareil gouvernemental. La question peut donc se poser de l’existence d’un mécanisme inchoatif entre le perfectionnement des techniques administratives et la définition d’un nouveau type de gouvernement, et par là même d’une nouvelle idéologie politique.

Aussi, ce sont les techniques administratives en jeu dans ce processus que nous étudierons au cours de ce second temps. Nous nous inscrirons là fermement dans une logique comparative : il ne s’agit pas d’étudier l’objet « enquête » comme un hapax, mais bien de le replacer dans les logiques documentaires propres à ces Etats en genèse. Nous comparerons notamment ces enquêtes à des objets proches, comme les documents fiscaux (estimes ou cadastres). Etablis dans des systèmes politiques différents (royautés et communes), mais répondant au même idéal politique du Bon Gouvernement, enquêtes et estimes, ou cadastres, constituent deux formes abouties et maîtrisées des outils administratifs inventés au cours du XIIIe siècle, dans le contexte de la « révolution scripturaire » étudiée par les médiévistes italiens. Une étude comparative de ces objets, des processus juridiques, politiques mais aussi des techniques documentaires et administratives mises en œuvre devrait permettre de souligner les similarités ou les spécificités de chaque démarche.

Par le recours aux disciplines techniques de l’analyse documentaire (codicologie, diplomatique et paléographie), nous retracerons dans un premier temps les étapes de fabrication des documents, dans le but de savoir s’ils répondent à un déroulement déterminé au préalable, mais également à une procédure juridique particulière, voire à un schéma d’action déterminé par l’idéologie et le but politique présidant à l’opération. Ce premier champ d’investigation permettra également d’aborder la question du fonctionnement de la curie centrale et sa constitution en appareil administratif performant.

Nous envisagerons dans un second temps le devenir de cette documentation, après sa confection : les systèmes d’archivage, de nomenclature administrative des actes, mais également l’utilisation faite de ces documents (classement, vérifications, indexation, marquages variés, utilisation dans le cadre de la vérification des comptes et des actions des officiers royaux) sont tout à la fois significatifs de la mise en place d’un appareil administratif, mais aussi de procédures qui relèvent du contrôle politique des agents du souverain. On ne peut ici distinguer la pratique de la théorie politique qui l’engendre, ni des objectifs idéologiques affirmés par les souverains et leurs principaux représentants.

Axe 3 (3ème année – 2011) : L’enquête, au fondement du droit public

L’enquête dite « générale » est, dès le XIIIe siècle, pensée comme l’instrument par excellence de la justice civile, conçue pour résoudre les conflits de juridiction qui peuvent opposer le souverain à certains de ses sujets, qu’ils soient engendrés par des usurpations de droits ou dus à des abus de pouvoir commis par les officiers. Au fondement de l’enquête se trouve, ainsi, placée la question juridique de la possessio, d’un fief notamment, et des droits afférents, selon la distinction, opérée par le droit romain et réinterprétée par les juristes médiévaux, entre droit de propriété et usufruit. Si la propriété doit être prouvée par la production de titres écrits, la possessio, quant à elle, ne peut l’être autrement que par le recours aux témoignages destinés à exposer la mémoire des pratiques. En ce sens, la recherche de la « vérité » sur laquelle repose l’enquête relève de la justice civile, dont les spécificités de la procédure ne sont encore que peu étudiées. En particulier, il conviendra de s’interroger sur les rapports, voire l’influence, de l’arbitrage sur l’enquête publique, à la fois dans ses objets et les modalités de son déroulement.

L’enquête sert également à débusquer et dénoncer les abus commis par les officiers, qui peuvent, par excès de zèle ou par malveillance, empiéter sur les droits des sujets et altérer, de la sorte, l’image de la bonne justice qu’est censé incarner le souverain. La théorisation du droit public s’articule en effet avec une réflexion, encore embryonnaire au XIIIe siècle, sur la « déviance publique », c'est-à-dire les délits que les officiers peuvent commettre dans l’exercice de leurs charges[9]. L’enquête va servir, dans le cadre de cette lente construction d’un ordre public, d’instrument de publicisation du contentieux et d’affirmation, par là même, des droits de l’autorité publique. La question de la chronologie de ce phénomène, à l’échelle de l’Occident, mérite d’être creusée, car elle participe pleinement de la « modernisation » de l’État.

Enfin, le caractère public de l’enquête liée à la justice civile implique que celle-ci corresponde à un véritable rituel conçu comme une forme de communication politique, par laquelle le lien de sujétion est mis en scène tout autant que conforté. Ce domaine historiographique, qui confine à celui des représentations, a fait l’objet d’études récentes relatives notamment à l’usage politique du pouvoir de grâce[10]. Il convient de l’étendre à d’autres formes ritualisées d’exercice du pouvoir, à l’interface du discours politique et des pratiques d’autorité, dont l’enquête pourrait bien se révéler être un modèle.        

1.2 Description des travaux : programme scientifique

Trois démarches complémentaires et parallèles, caractérisées par des rythmes et des méthodes différents, seront mises en œuvre.

I. Edition du corpus des enquêtes provençales

Il s’agit, par cette entreprise placée sous la responsabilité scientifique de Thierry Pécout, de mettre à disposition de la communauté scientifique une série complète d’archive, représentative des pratiques gouvernementales d’un État du début du XIVe siècle, en l’occurrence la partie provençale du Royaume de Naples.

II. Sites électroniques

  • Le site internet « Léopard de Foligno » ( http://leopardefoligno.org ), mis en service au début de l’année 2008, répond à une double vocation et est organisé en deux ensembles : un site de publication en ligne, lisible à tous les publics, et une plate-forme collaborative.
     
    • Un site de publication en ligne

Il s’agit ici de mettre à la disposition du public intéressé les outils et articles scientifiques, sous forme de brèves, en relation avec l’enquête générale de Léopard de Foligno. Il dispense également des informations générales sur les activités et l’actualité scientifique de l’équipe. Il comprend plusieurs rubriques qui permettent d’accéder à des outils bibliographiques et méthodologiques (cartographie, description codicologique et diplomatique des registres, seings et marques répertoriés et photographiés, filigranes, chronologie générale de l’enquête, bibliographie générale de référence).    

    • Une plate forme collaborative

Accessible à partir de la page d’accueil du site, un espace de travail est réservé aux membres de l’équipe avec mise à disposition d’outils (cartographie, normes de transcription, index…). Un forum d’échange permet aux transcripteurs de discuter des problèmes techniques rencontrés lors de la transcription et d’échanger sur différents sujets en liaison avec l’enquête (personnages, localités…). Les membres ont également la possibilité de soumettre des articles à la communauté avant publication sur le site en clair.

  • Le carnet de recherche, « Les Carnets de Gouvaren » (http://gouvaren.hypotheses.org), est un espace d'échange scientifique. Il a pour vocation de proposer une veille bibliographique autour des thèmes délimités par le programme GOUVAREN, mais aussi de faire état des travaux en cours, sous forme de publications brèves et de réflexions interactives entre les membres de l'équipe GOUVAREN et le public qui s'associe à ces recherches.

III. Rencontres scientifiques  

A- Colloque international d’ouverture

Un colloque d’ouverture s’est tenu au mois de mars 2009, à la MMSH et aux archives départementales des Bouches du Rhône. Il a porté sur les usages de l’enquête administrative princière et a permis de réunir les meilleurs spécialistes actuels de cette question. A cette occasion, le programme Gouvaren a été présenté aux participants.

Thierry Pécout (dir.), Quand gouverner c'est enquêter. Les pratiques politiques de l'enquête princière. Occident, XIIIe-XIVe s. , Paris, 2010, éditions De Boccard, collection Romanité et modernité du droit.
 

B- Séminaires et ateliers pluridisciplinaires

Par la rencontre et la confrontation des méthodes et des concepts issus du droit, de l’anthropologie juridique, de la sociologie et de l’histoire, ainsi que de l’archivistique, la diplomatique et la codicologie, il s’agit d’élaborer des outils neufs de compréhension et d’analyse des usages de l’enquête. Ces rencontres se dérouleront sur deux jours chacune et s’organiseront autour de 3 thèmes :

1. Les usages politiques de la déambulation (responsables scientifiques partenaire 1 : Laure Verdon et partenaire 2 : Anne Mailloux)

l s’agira, au cours de ce premier séminaire interdisciplinaire à l’automne 2009, qui définira et fixera les modalités pratiques de déroulement de ce genre de rencontre, de s’interroger sur les acteurs et les pratiques de la déambulation dans le cadre de la mise en place d’un gouvernement aux époques médiévale et moderne. Seront ainsi plus particulièrement mis en lumière les techniques de la visite pastorale, ses différents usages par les clercs, ses finalités et ses modalités, qui sont généralement données comme matrices des enquêtes administratives souveraines au XIIIe siècle. On envisagera également, au cours de cette rencontre, la persistance de ces pratiques déambulatoires sur le temps long (époque moderne), leurs éventuelles évolutions juridiques, ainsi que leur usage dans des espaces non occidentaux, tant au Moyen Age qu’aux époques moderne voire contemporaine.

2. La forme et la pratique (responsable scientifique partenaire 2 : Anne Mailloux)

Deux rencontres, au printemps et à l’automne 2010, permettront d’examiner deux moments successifs, « La fabrique du document administratif », puis « Classer, vérifier, contrôler. Du document administratif à l’archive ». Ces deux rencontres se dérouleront en ateliers : les participants, historiens et spécialistes des techniques d’archivage, se verront remettre des grilles de questionnement larges, portant sur les aspects matériels des documents examinés, les procédures qu’ils peuvent reconstruire à partir de ces observations, le contexte de leur élaboration, ect. Grâce à la confrontation des éléments observés par chaque participant, l’analyse comparative pourra se mettre en place ; elle permettra de dégager les logiques propres à leur élaboration et d’aboutir, dans le meilleur des cas, à l’élaboration d’une typologie du document administratif.

3. La construction de l’espace public (responsable scientifique partenaire 1 : Laure Verdon)

Sous la forme de deux séminaires, au printemps et à l’automne 2011, seront envisagées les modalités de la construction de l’espace public et le rôle joué par l’enquête à cet effet. Lors de la première rencontre, il s’agira de s’interroger plus particulièrement sur l’émergence du droit public, à partir du XIIIe siècle, et sur le forgement des différents outils qu’il offre aux princes dans l’affirmation d’un véritable espace public. A cette fin, le dialogue entre juristes, anthropologues du droit et historiens, tant médiévistes que modernistes, est indispensable ; il conduira à la proposition d’une définition précise de l’espace public, en tant que domaine de manifestation et de mise en pratique de la science politique. La seconde rencontre centrera sa réflexion plus particulièrement sur la justice civile, toujours dans le temps long (époques médiévale et moderne) et les différents rituels auxquels elle peut donner lieu, qui apparaissent d’ores et déjà comme autant de manières de revendiquer, voire d’imposer une autorité politique, tout autant, si ce n’est plus, que de restaurer la paix et le lien social.

1.3 Résultats scientifiques  

Les résultats scientifiques attendus du projet GOUVAREN prendront la forme de deux séries de publications scientifiques : 

1-Edition du corpus des enquêtes provençales (1331-1334) :  

Le vaste corpus considéré nécessite des choix : la nécessité d’une analyse très fine des modes de mise en forme de l’enquête, de la production documentaire et de la constitution des registres actuellement conservés, impose un travail de grande précision que seule une édition intégrale permet de mener à bien. Par son caractère complet, achevé, par sa procédure mise en place à l’issue d’une longue gestation intellectuelle, dans le cadre du droit canon et du droit civil élaboré à la cour de Naples dès le XIIIe siècle, l’enquête générale de 1331-1334, dite de Léopard de Foligno, s’est rapidement imposée comme un objet idéal de réflexion, et ce en dépit de son ampleur.

L’histoire de la Provence médiévale aux siècles angevins est riche de nombreux chercheurs, et le développement à un rythme accru de la production scientifique durant ces vingt dernières années a démontré les nécessités et les bienfaits d’un travail collectif. L’idée est venue de rassembler les bonnes volontés et les compétences de chacun autour de ce projet : la quasi-totalité des chercheurs œuvrant aujourd’hui sur la Provence des xiiie et xive siècles a répondu favorablement dès 2004. Autour des médiévistes aixois de la MMSH (UMR TELEMME et UMR LAMM) et de leurs collègues niçois de l’UMR CÉPAM, cette entreprise peut compter sur la collaboration d’universitaires provenant notamment de Montréal, Rimouski, Moncton et Calgary (Canada), de Harvard et Durham (États-Unis), de l’université de Poznan (Pologne), de Paris X, Rennes II, et de l’École nationale des Chartes. En tout, trente chercheurs de quatre nationalités collaborent à cette œuvre collective de longue haleine. Elle s’intègre par ailleurs dans le renouveau des études concernant la dynastie angevine aux derniers siècles du Moyen Âge, et associant depuis une dizaine d’années les universités d’Angers, d’Aix, de Milan, de Naples, de Szeged et de Zagreb[11]. Enfin, le cas échéant, il est possible d’y faire collaborer des étudiants dans le cadre de leurs travaux de recherche du diplôme de Master ou de celui de Doctorat. Plusieurs d’entre eux y œuvrent déjà, à Aix-en-Provence, au Canada et aux États-Unis. L’édition des enquêtes provençales a donc, également, une vocation didactique et pédagogique, offrant outils d’analyse et méthodologie aux jeunes chercheurs, historiens ou juristes, désireux d’entreprendre un travail de doctorat sur cette thématique.

Il s’agit aussi de proposer à terme une édition scientifique, dont l’ambition est de devenir unouvrage de référence pour les chercheurs travaillant sur la genèse de l’État moderne en Europe. À la recherche d’une maison d’édition capable d’accueillir et de soutenir cette entreprise, nous avons désormais établis des contacts avec le CTHS (Éditions du Comité des travaux historiques, Paris) qui a pris en charge la parution du premier tome (circonscriptions de Provence orientale)[12]. Ce volume est, en outre, précédé d’une introduction scientifique, rédigée conjointement par Anne Mailloux, Thierry Pécout et Laure Verdon, comprenant une mise au point historiographique et méthodologique sur l’enquête provençale, un état des sources d’inspiration juridiques de l’enquête de Léopard de Foligno, une présentation matérielle des registres édités dans le premier tome.

Cette parution ne sera pas d'emblée intégrale, car le travail s'accomplira nécessairement dans la durée, compte tenu de l'ampleur de la documentation : chaque partie pourra donc paraître successivement, selon une tomaison respectueuse au mieux de l’ordre chronologique de déroulement de l’enquête, mais tenant compte aussi de l’état d’avancement des transcriptions.

2-Publication scientifique de synthèse en fin de programme

Les deux partenaires du projet GOUVAREN souhaitent aboutir, au terme du programme, à une publication scientifique d’envergure, susceptible de devenir un outil de référence et d’excellence reconnue sur le plan international dans le domaine historiographique de la genèse de l’État moderne. Cette publication aura, ainsi, pour vocation principale de rassembler, en un volume synthétique et maniable, les avancées méthodologiques issues des séminaires interdisciplinaires et de proposer à la communauté scientifique de nouvelles méthodes d’étude de la science politique médiévale et moderne.

Membres de l’équipe Gouvaren :  

Le programme Gouvaren repose sur deux partenaires issus de la Maison méditerranéenne des sciences de l’homme : Telemme, partenaire 1 coordinateur et le LAMM, partenaire 2.  

Membres rattachés à Telemme :  

  • Laure Verdon : responsable scientifique et technique du programme
  • Thierry Pécout : coordination générale de l’édition du corpus Léopard
  • Lucien Faggion : liaison avec les historiens modernistes
  • Eric Wenzel (Université d’Avignon, UFR Droit) : liaison avec les juristes et historiens du droit
  • Olivier Mattéoni (Université de Paris I, LAMOP) : liaison avec les historiens du domaine capétien  

Membres rattachés au LAMM :  

  • Anne Mailloux : responsable scientifique et technique pour le partenaire 2
  • Olivier Canteaut (Ecole Nationale des Chartes) : liaison avec les chartistes et archivistes
  • Olivier Guyotjeannin (Ecole Nationale des Chartes) : liaison avec les chartistes et archivistes          

Post-doctorant ANR :

Alexandra Gallo : coordination technique, conception et suivi du Carnet de Recherche, veille bibliographique.                    


[1] É. ANHEIM, « Le savoir et le gouvernement. À propos du livre de Samantha Kelly, The New Solomon. Robert of Naples (1309-1343) and Fourteenth-Century Kingship, Brill, Leiden-Boston, 2003 », dans Médiévales, 53, 2007, p. 166.
[2] Genèse de l’Etat moderne. Bilans et perspectives, Paris, 1990.
[3] La fresque allégorique du peintre siennois Ambrogio Lorenzetti, Le Bon Gouvernement, commande du Conseil des Neuf pour l’ornement d’une salle du Palais communal de la ville, en 1338, en est l’illustration la plus célèbre. Elle s’inscrit dans un contexte de valorisation des savoirs juridiques mis au service du politique, dont on trouve des attestations dans toutes les cours européennes à partir du début du XIVe siècle. Pour une perspective plus générale sur le rôle et l’influence des juristes dans les milieux de pouvoir au bas Moyen Age , voir notamment, et en dernier lieu tant la bibliographie devient abondante sur le sujet : S. MENZINGER, Giuristi e politica nei comuni di popolo. Siena, Perugia e Bologna, tre governi a confronto, Rome, Viella, 2006.
[4] C’est précisément l’objet de l’ouvrage de S. Kelly, cité en note 1, qui voit dans la figure du roi Robert Ier de Naples, d’origine angevine, l’incarnation de ce nouveau type de souveraineté. En France, dès le début du XIIIe siècle, les prémices d’une telle évolution apparaissent, sous le règne de Philippe II Auguste (J. BALDWIN, Philippe Auguste, Paris, 1994).
[5] Il s’agit là d’une thématique désormais bien connue des historiens du pouvoir souverain. Voir, en dernier lieu, J. KERHERVÉ, « Les enquêtes sur les droits « royaux et ducaux » de Bretagne aux XIVe et XVe siècles », dans C. BOUDREAU, C. GAUVARD, K. FIANU, M. HÉBERT (dir), Information et société en Occident à la fin du Moyen Age, Paris, 2004, p. 405-425 et  L’Enquête au Moyen Age. Actes du colloque tenu à l’École française de Rome, janvier 2004, à paraître dans la collection de l’EFR sous la direction de C. GAUVARD.
[6] J. F. NIERMEYER, Mediae Latinitatis Lexicon Minus, Leiden-New York, Köln, 1976 (réédition 1997), l’article “Inquisitio” ne recense pas moins de neuf définitions du terme : enquête, enquête par interrogatoire de témoins, enquête judiciaire par interrogatoire de témoins, redevance de nature publique, instance, poursuite, acquisition, intention, requête.
[7] Pour une riche et stimulante réflexion sur les formes, objets et usages de l’enquête médiévale, voir l’introduction d’Alain Boureau dans : C. GAUVARD (dir), L’Enquête au Moyen Age , Rome, collection de l’EFR n° 399, 2009.
[8] F.MENANT, « Les transformations de l’écriture pratique entre XIIe et XIIIe siècles », dans Écrire, mesurer, compter, actes du colloque tenu à l’ENS Ulm, mars 2001. La production et la normalisation des actes de la pratique peut, en effet, répondre à des objectifs politiques, comme l’ont montré de nombreuses études récentes relatives à la prise de pouvoir du Popolo dans les communes italiennes du XIIIe siècle, une révolution politique qui correspond également à une révolution documentaire. Voir, entre autres exemples : J.-C. MAIRE VIGUEUR, « Révolution documentaire et révolution scripturaire : le cas de l’Italie médiévale », dans Bibliothèque des Chartes, 1995, p. 177-185.
[9] M. GÉNAUX, « La corruption avant la lettre : le vocabulaire de la déviance publique dans l’ancien droit pénal », dans Revue historique du droit français et étranger, 81/1, 2003, p.15-32.
[10] J.-M. MŒGLIN, « « Performative turn », « communication politique » et rituels au Moyen Age. A propos de deux ouvrages récents », dans Le Moyen Age, tome CXIII, 2/2007, p. 393-406.
[11] L’État angevin. Pouvoir, culture et société entre xiiie et xive siècle. Actes du colloque international…Rome-Naples, novembre 1995, Paris-Rome, 1998. N. Coulet et J.-M. Matz éd, La noblesse dans les territoires angevins à la fin du Moyen Âge, colloque international d’Angers-Saumur, juin 1998, Paris, 2000. J.-P. Boyer, Mailloux A. et Verdon L. dir., La justice temporelle dans les territoires angevins aux xiiie et xive siècles. Théories et pratiques, colloque d'Aix-en-Provence, 21-23 février 2002, Paris, 2005. M.-M. CÉvins et J.-M. Matz dir., Formation intellectuelle et culture du clergé dans les territoires angevins (milieu du xiiie-fin du xve siècle), colloque d'Angers, 15-16 novembre 2002, Paris, 2005. R. Comba éd., Gli Angiò nell’Italia nord-occidentale (1259-1382), convegno di Alba, 2-3 settembre 2005, Milan, 2006. La diplomatie des États angevins aux xiiie et xive siècles, colloque international de Szeged, Visegrad et Budapest, 13-16 septembre 2007. Archeologia dei castelli nell’Europa angioina (XIII-XIV secolo), convegno di Salerno, organisé par le Laboratorio per l’arqueologia medievale, Università di Salerno, novembre 2008.
[12] Marc Bouiron, Germain Butaud, Philippe Jansen, Alain Venturini éd., L’Enquête de Leopardo da Foligno en Provence orientale (avril - juin 1333), Éditions du Comité des Travaux historiques et scientifiques, Paris (Collection des Documents inédits de l’Histoire de France), 750 p.  

 

Dernières nouvelles du blog

René d’Anjou

vendredi 08 mars 2013
Jean-Michel Matz et Noël-Yves Tonnerre (dir.), René d’Anjou (1409-1480) Pouvoirs et gouvernement, Presses Universitaires de Rennes, 2011, ISBN : 978-2-7535-1702-8, Prix : 20 euros. Cet ouvrage confronte René d’Anjou aux problématiques récentes de l’histoire politique de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance, notamment autour de la question de la genèse de l’État moderne. Le rapport de René à ses territoires et à ses sujets est crucial à appréhender, puisqu’il conditionne son rôle sur l’échiquier politique français et sa crédibilité internationale. Afin … Continuer la lecture de René d’Anjou

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Publications récentes

vendredi 08 mars 2013
Deux publications récentes concernent directement la thématique des enquêtes et, d’une manière plus générale pour la première, les modalités du gouvernement dans l’Occident médiéval. Il s’agit de : – Jacques DALARUN, Gouverner c’est servir. Essai de démocratie médiévale, Paris, Alma, 2012 Poursuivant une réflexion entamée dès 1999 sur la base des sources franciscaines, Jacques Dalarun s’interroge dans son dernier ouvrage – Gouverner c’est servir. Essai de démocratie médiévale, Paris, Alma éditeur, 2012 – sur les modes innovants de gouvernement inventés au Moyen Âge au … Continuer la lecture de Publications récentes

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« De grace especial »

mercredi 14 décembre 2011
      Crime, État et société en France à la fin du Moyen Âge Edition de la thèse d’état de Claude Gauvard en format poche Présentation sommaire de l’éditeur : « Tous, hommes de pouvoir, ceux de la vie politique et religieuse comme de la réalité quotidienne, manipulent donc le crime. La question alors est double et concerne aussi bien la société que l’État : jusqu’où et sous quelles formes s’enracine et se résout la peur du mal ? À quel domaine, celui de … Continuer la lecture de « De grace especial »

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Ecritures de l’espace social

lundi 12 décembre 2011

Mélanges d'histoire médiévale offerts à Monique Bourin. Travaux réunis par D. Boisseuil, P. Chastang, L. Feller et J. Morsel.

"L’histoire sociale du Moyen Âge est aujourd’hui en pleine évolution : elle redéfinit ses objets et, construisant des approches originales, délaisse vieux paradigmes et anciennes périodisations, sans rien renier pour autant de l’acquis transmis par les générations précédentes. Ce livre s’empare des thématiques les plus renouvelées depuis les années 1990 – l’espace, l’écriture, la vie économique com- prise comme l’une des modalités de la domination sociale.

Ces différentes approches témoignent du dyna- misme d’une discipline qui se place délibérément à la croisée des sciences de l’homme et de celles de la société, n’hésitant pas, pour enrichir ses analyses, à mobiliser les concepts de la sociologie et de l’économie. Des sciences plus classiques et plus techniques, comme la paléographie et la diplomatique, sont de la même façon convoquées pour saisir les raisons de l’inscription des choses et des faits dans des listes ou dans des récits. Au cœur de ces problématiques se retrouvent les notions de territoire, seigneurie, paroisse mais également des sujets qui rénovent l’histoire sociale, telle l’anthroponymie. L’histoire économique, quant à elle, dépassant les débats qui ont structuré son historiographie dans la seconde moitié du xxe siècle, cherche à définir les notions-clés de crise ou de commer- cialisation et s’interroge sur le fonctionnement concret de la société paysanne.

Conçu comme un hommage à Monique Bourin et à son œuvre d’historienne, ce livre atteste de la richesse et de la fécondité de son enseignement ainsi que de son talent à transfor- mer un champ d’études en guidant et fédérant les travaux de très nombreux chercheurs."

Table des matières, bon de commande, présentation en téléchargement



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Résister à la justice, dans l’Europe médiévale et moderne

vendredi 25 novembre 2011

Colloque de Pessac,

du 12 au 14 décembre 2011.

Informations sur calenda.

Programme en téléchargement.



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Séminaire Gouvaren

jeudi 17 novembre 2011


L'émergence du droit public:

outils, éthique et construction d'un état juridique nouveau.

Les 24 et 25 novembre 2011 à la MMSH - Salle Paul-Albert Février.

Programme...



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Colloque international : « Identités angevines. Entre Naples et Provence (XIIIe-XIVe siècle) » 20-22 octobre 2011

mercredi 21 septembre 2011
Prenant place dans la série des colloques internationaux consacrés aux espaces sous domination angevine entre XIIIe et XVe siècle, une nouvelle rencontre est organisée à Aix en Provence (MMSH et AD 13 site d’Aix) en octobre 2011, sur la thématique des identités. Le programme est consultable à l’adresse suivante : http://telemme.mmsh.univ-aix.fr/activites/rencontre.aspx?id=518 Programme en pdf téléchargeable ici.

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Les dépenses publiques

vendredi 09 septembre 2011
El alimento del estado y la salud de la republica Orígenes, desarrollo y estructura del gasto público en Europa (siglos XIII-XVII) Colloque de Madrid du 3 au 6 octobre 2011. Le colloque est découpé en trois sessions thématiques : – Sección Primera: Gastar más para el bien común: la teoría del gasto en la Europa Medieval y Moderna. – Sección Segunda: Administrar justicia y defender a la nación: la naturaleza del gasto público. – Sección Tercera: La necesidad no conoce la ley: las políticas … Continuer la lecture de Les dépenses publiques

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La littérature politique

mardi 06 septembre 2011

Au-delà des miroirs : la littérature politique dans la France de Charles VI et Charles VII. Colloque de Metz, les 15 et 16 septembre 2011 (Université Paul Verlaine-Metz, UFR Sciences Humaines et Arts, Salle du Conseil -D206), organisé par Frédérique LACHAUD, Université Paul Verlaine-Metz (CRULH) et Lydwine SCORDIA, Université de Rouen (GRHis).
Programme en téléchargement



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Sentences et décisions judiciaires

lundi 05 septembre 2011

Sentences et décisions judiciaires du Moyen Âge à nos jours: enjeux de société, enjeux politiques, enjeux économiques (histoire, histoire du droit, sociologie). Colloque du 6 au 8 octobre 2011 à Dijon, Université de Bourgogne, amphithéâtre Mathiez.
Programme et informations sur calenda ou sur le site de l'Université de Bourgogne.

Concernant le domaine judiciaire voir également l'ouvrage récemment paru Valeurs et justice, écarts et proximités entre société et monde judiciaire du Moyen Âge au XVIIIe siècle. L'introduction et la table des matières sont consultables sur le sites des Presses Universitaires de Rennes.



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Le peuple au Moyen Âge

mardi 19 juillet 2011
A l’occasion des XXVIe rencontres de Pétrarque, la Fabrique de l’Histoire est à Montpellier et s’intéresse cette semaine à l’histoire du peuple. Le deuxième volet de cette enquête porte sur le Moyen Âge. Pour parler du concept de populus et de son évolution au cours du Moyen Âge étaient invités Danielle Iancu, Patrick Gilli et Thomas Granier. émission en podcast sur le site de France culture

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Légitimation et lignage en péninsule Ibérique au Moyen Âge

lundi 04 juillet 2011

Numéro de juin 2011 de la revue E-spania, revue interdisciplinaire d'études hispaniques médiévales, dirigé par Georges Martin et José Carlos Ribeiro Mirand. Sommaire: Georges MARTIN et José Carlos Ribeiro MIRANDA, "Avant-propos". José MATTOSO, "Introdução: Legitimação e linhagem". Francisco BAUTISTA, "Cardeña, Pedro de Barcelos y la Genealogía del Cid". Arsenio DACOSTA, "Memoria linajística, legitimación dinástica y justificación personal en el Libro del linaje de los señores de Ayala y sus continuaciones". Mª do Rosário FERREIRA, "A estratégia genealógica de D. Pedro, Conde de Barcelos, e as refundições do Livro de Linhagens".



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Coups d’état à la fin du Moyen Âge

vendredi 01 juillet 2011

Forgé par Gabriel Naudé, au temps baroque d'une raison d'État triomphante, le concept de " coup d'État " peut-il s'appliquer à des âges antérieurs, en particulier à celui de la genèse médiévale de l'État moderne ? C'est à cette question d'histoire rétrospective qu'ont tenté de répondre les auteurs de cet ouvrage. Leurs réponses, qui dessinent un vaste panorama occidental et comparatiste - de l'Angleterre à la péninsule italienne et de la péninsule Ibérique à la Suède - tendent à démontrer que, bien avant de devenir un concept, le coup d'État a d'abord été une pratique généralisée. Car, quelle que soit la nature du régime politique en vigueur ici ou là, que le coup d'État vienne du dedans ou du dehors, qu'il soit perpétré par ceux qui ont le pouvoir ou par ceux qui le contestent et projettent de s'en emparer, il ramène aux fondements même d'une construction étatique en quête d'assurance et de réassurance. En d'autres termes, le coup d'État est comme une pratique constituante.



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La coseigneurie

jeudi 23 juin 2011

Le dernier volume des Mélanges de L'Ecole française de Rome porte sur le thème de la coseigneurie:

  • Germain BUTAUD, Remarques introductives : autour de la définition et de la typologie de la coseigneurie
  • Pierre-Yves LAFFONT, Les manifestations architecturales de la coseigneurie : châteaux et coseigneuries en France
  • Simone M. COLLAVINI, Formes de coseigneurie dans l’espace toscan : réflexions préliminaires à partir de quelques exemples en Maremme (fin XIe-XIIIe siècle)
  • Luigi PROVERO, Pluralità di poteri e strutture consortili nelle campagne del Piemonte meridionale (XII-XIII secolo)
  • Germain BUTAUD, Aperçus sur la coseigneurie en Comtat Venaissin (XIIe-XVe siècles)
  • Laure VERDON, La noblesse au miroir de la coseigneurie : l’exemple de la Provence au XIIIe siècle


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L’ordo

mardi 21 juin 2011

Dans le cadre du Symposium de la société internationale des médiévistes consacré au thème de l'ordo, quelques interventions se consacreront à l'ordre politique et/ou social. D'autres porteront sur l'ordre au sens de classement des documents ce qui relève également d'une thématique qui nous est chère à savoir le rapport d'une administration à ses écrits.

Session 2 L'ordre féodal / Feudal Order:

Chair Joseph Morsel (to be confirmed)-

  • Tomislav Vignjević. Triplex status mundi: The Depictions of the Three Orders of Society.
  • Didier Panfili. L'ordre grégorien vu depuis Sainte-Foy de Conques.
  • Victoria Turner. Divining differences: Saracens and Social Order in Gautier de Coinci’s Miracles de Nostre Dame.

Session 8 Comptabilité / Ordering and Accounting

Chair Olivier Mattéoni (to be confirmed)

  • Aude Wirth-Jaillard. Ordonner, ranger, classer dans les documents comptables médiévaux
  • Mélanie Dubois-Morestin. Gérer, classer, ranger : ordo domestique et écrit pratique à travers les archives privées d’un artisan avignonnais du XIVe siècle, Jean Teisseire.

Session 9 Désordre / Disorder

Chair Jean-Philippe Genet

  • Justine Firnhaber-Baker. Competing Definitions of Order in the Jacquerie of 1358

Programme complet sur Calenda



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