Thèse de doctorat : Sciences historiques et Humanités

Vanessa De Obaldia

a soutenu sa thèse le mardi 18 décembre 2018 sous la direction de Randi Deguilhem.

Sujet

Une étude juridique et historique de vakıf de l'Église latine et d'autres propriétés de l'église à Istanbul de la conquête ottomane (1453) jusqu'au 1740.

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Résumé

La thèse se compose de quatre parties comme suit:
La partie I de la thèse examine le statut juridique des catholiques romains et de leurs ordres religieux dans l'Istanbul ottomane. Cette partie vise à contextualiser le sujet démographiquement et légalement en fournissant un bref aperçu de la composition de la communauté de rite latin de Galata, leur statut juridique et celui de leurs églises avant et après la conquête ottomane de Constantinople en 1453. Les rôles principaux L'influence des organes locaux et internationaux de la Magnifica Comunità di Pera et de la Sacra Congregatio de Propaganda Fide, responsables du clergé et de l'administration des biens ecclésiastiques à Pera, sera également examinée.

La partie II porte sur la position juridique ottomane sur les propriétés et la terre de l'Église latine-rite selon la doctrine et la pratique juridiques. Cette section ne cherche pas à proposer de nouvelles théories dans le domaine du droit foncier ottoman et de la propriété. Au contraire, il a deux objectifs: le premier, est de présenter un aperçu afin de fournir la contextualisation et le placement à l'analyse ultérieure des biens ecclésiastiques de rite latin dans Galata et Pera dans la partie III; la seconde est d'explorer des sources primaires déjà touchées et non étudiées à partir d'une nouvelle approche afin de faire la lumière sur de nouvelles informations sur les terres et les propriétés à Galata. La terre de l'Empire Ottoman a été divisée en cinq catégories selon les codes fonciers: miri, mülk, vakıf, metruk, mevat; alors que la terre selon la conquête a été classée comme terre conquis pacifiquement (sulhan) ou terre conquis par la force (anwatan).

La partie III comprend des études de cas sur les propriétés ecclésiastiques des ordres religieux dominicains et capucins. Cette partie tente d'analyser le statut, le type et la place de ces propriétés selon la doctrine juridique ottomane (une combinaison de Hanfite et de loi impériale) et la pratique juridique. L'étude suivra également l'augmentation et la diminution des propriétés ecclésiastiques des dominicains et des capucins en tant que conséquence directe de la politique de l'État ottoman envers leurs églises en particulier et les églises catholiques latines d'Istanbul en général. La situation particulière des méthodes de création de dotations (vakıfs) pour les églises et leurs religions affiliées sera également présentée.Alors que la loi foncière ottomane, qui ne permettait pas de doter directement des terres ou des bâtiments au profit de religions ou de religions non musulmanes, pouvait être contournée de nombreuses manières, par exemple en vendant directement la terre à une tierce personne et l'enregistrer à leur nom; par son obtention d'une fondation pieuse; en construisant une maison ou en plantant un verger sur un terrain qui deviendra par conséquent la propriété de l'individu qui l'a construit / planté et qui pourrait alors le doter.

La partie IV est sur le protectorat français sur les églises catholiques latines de l'Istanbul ottomane. L'influence française dans les territoires ottomans devait être notée au cours des premières décennies du XVIe siècle, tout comme leur présence visible à Istanbul, en particulier dans le commerce de Galata. Le premier ambassadeur de France arriva à Istanbul en 1534, l'obtention de la représentation diplomatique officielle ayant été acquise à un stade ultérieur par rapport aux autres puissances catholiques présentes dans l'Empire. Le rôle principal de l'ambassadeur de France auprès de la Porte était la protection du commerce et du catholicisme français dans tout l'Empire ottoman. En conséquence, le clergé et les laïcs ont eu recours aux ambassadeurs du pouvoir catholique pour toute une série de questions, notamment judiciaires, religieuses et commerciales. Les Français ont réussi à maintenir leur rôle de protecteurs des communautés religieuses et laïques catholiques et des biens ecclésiastiques dus principalement à une série de capitulations négociées et renouvelées avec l'Empire ottoman ainsi qu'à travers des édits impériaux (firmans) accordés par les sultans ottomans.

Abstract

Cette recherche est basée principalement sur des sources d'archives ottomanes consultées à Istanbul et à Ankara, et des sources d'archives ottomanes, françaises et italiennes dans les archives conventuelles de l'ordre dominicain d'Istanbul et de l'ordre des Capucins à Paris. Cette étude vise à aborder la question des églises catholiques latines et des propriétés affiliées dans une perspective juridique ottomane à travers l'examen de documents juridiques pour déterminer le statut, la place et la variété de ces propriétés ecclésiastiques dans le cadre légal ottoman. De même, une approche juridique sera prise en examinant les capitulations et les édits impériaux afin de déterminer l'influence et la juridiction du protectorat français sur ces églises. La méthodologie des études de cas sera également utilisée lors de l'examen des propriétés de l'église dominicaine de Ss. Pierre et Paul et ceux de l'église des Capucins de Saint Louis des Français.

Du fait que la majorité d’études sur les vakifs chrétiens et d'autres propriétés ecclésiastiques focalisaient sur la dénomination orthodoxe, mes recherches visent à combler la lacune qui existe dans l'étude des propriétés latines dans la capitale de l'Empire ottoman, conquête de la ville. L'accent géographique sera Istanbul en vertu du fait qu'il est la capitale de l'Empire et l'emplacement de certaines des plus importantes églises catholiques romaines. Pour l'étude des propriétés ecclésiastiques catholiques ottomane Istanbul les édits impériaux détaillés (firmans) émis par le Conseil impérial (Divan­i Humayun), les dossiers des tribunaux islamiques (seriyye sicilleri) et fetvas période (collections de responsa judiciaires) représentent des sources très riches qui sont souvent sous­étudiées. Par ailleurs, les archives conventuelles des différentes églises et les archives de la Propagande de Rome et du Vatican possèdent des documents des archevêchés qui sont un ensemble de sources riches et souvent non encore étudiées couvrant la période du XVIe jusqu'au milieu du XVIIIe siècle. Il est par l’étude de ces sources que nous pouvons approcher des pratiques de société par rapport à la doctrine légale de l’époque ottomane. Une telle démarche me permettra d’étudier les aspects légaux des propriétés ecclésiastiques à partir d’une approche basée sur les pratiques.