Thèse de doctorat : Sciences historiques et Humanités

Sophie Gebeil

a soutenu sa thèse le samedi 12 décembre 2015 sous la direction de Maryline Crivello.

Sujet
La fabrique numérique des mémoires de l’immigration magrébine sur le web français (1999-2014)
Membres du Jury
Maryline Crivello, Aix Marseille Université ; Alec C. Hargreaves, U. de Floride ; Evelyne Cohen, ENSIB ; Karima Direche, CNRS, IRMC ; Isabelle Veyrat-Masson, CNRS LCP ; Pascale Brandt-Pomares, AMU ESPE ; Valérie Schafer, CNRS.
Mention
Très honorable avec félicitations
Mots clés
mémoires, internet, audiovisuel, méditerranée, digital humanities, patrimoine, immigration
Résumé

Malgré les tentatives institutionnelles telles que l’ouverture de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration en 2007, les mémoires de l’immigration maghrébine n’ont pas véritablement intégré le récit collectif national. La démocratisation de l’internet grâce au développement du web dans les années 1990, constitue un nouveau terrain d’expression pour des mémoires perçues comme délaissées. Dans le même temps, le recours aux commémorations comme ce fut le cas en 2012 lors du cinquantième anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie, rappelle l’importance de la mémoire dans le rapport qu’entretient la nation avec son passé. A partir des formes d’expressions mémorielles spécifiques au web, il s’agit de comprendre comment les mémoires de l’immigration maghrébine sont mises en visibilité sur ce nouveau média. Ces dispositifs mémoriels impliquent une analyse des acteurs et de leurs stratégies de valorisation de la mémoire, en ligne mais aussi dans le champ social. Compte-tenu de l’accessibilité des outils de publication, le web pose la question de la réappropriation de ces mémoires par les immigrés et leurs descendants. Enfin, la pluralité des mémoires exprimées dans ces dispositifs implique une interrogation sur les revendications qui y sont associées et sur l’impact de ces nouveaux modes d’action en ligne dans l’espace public.
Cette recherche s’appuie sur les archives du web français dont la collecte est partagée entre la Bibliothèque Nationale de France et l’Institut National de l’Audiovisuel  depuis la loi de 2006 sur les Droit d’Auteur et Droits Voisins dans la Société d’Information (DADVSI).

Abstract

A historical approach to analyzing the Web and its content has started to develop (publishing strategies, temporalities, uses), yet the volatility of online content in the absence of institutional archives, has long been an obstacle to research. In fact, the historian is bound to the reader by a contract founded on truth which must enable the latter to have access to sources cited in footnotes. Thus, the historical record is the very essence of the initial operation of historical research.  This work would not have been possible without the existence in France, since 2006, of the Web legal deposit which is shared by INA and the BnF. Linked to broadcast media INA’s Web archive ensures identification, accessibility and permanence of collected content. It also allows searching and browsing archived websites through a multicriteria user interface tailored to meet historians’ needs. Thereby, along with traditional broadcast material, Web content can be considered for media history. The epistemological and methodological approaches remain to be devised.