Thèse de doctorat : Sciences historiques et Humanités

Laure-Hélène Gouffran

a soutenu sa thèse le samedi 5 décembre 2015 sous la direction de Laure Verdon.

Sujet
La figure de Bertrand de Rocaforti. Expériences, identités et stratégies d'ascension sociale en Provence à la fin du XIVe siècle.
Membres du Jury
Laure Verdon, Aix Marseille Université ; J.- P. Boyer, Aix Marseille Université ; Claude Denjean, U.de Perpignan ; Philippe Bernardi, CNRS UMR LAMOP ; Damien Coulon, U. de Strasbourg ; Damien Carraz, U. de Clermont-Ferrand.
Mention
Très honorable avec félicitations
Mots clés
marchand, Marseille, commerce, identités, élites urbaines
Résumé

À travers l'exemple de deux figures provençales, homonymes et contemporaines,renseignées par une riche documentation marseillaise inédite datant des années 1380-1450 (Part 1), cette thèse défend l'idée que les marchands de cette époque ont été à même de développer une identité complexe, reposant à la fois sur leurs activités commerciales mais également sur leurs actions dans la vie publique.
En effet, le premier de ces deux marchands s'illustre également comme notaire, syndic et rédacteur des comptes de la gabelle tandis que l'autre exerce comme coseigneur, drapier, ambassadeur et recteur d'un hôpital. Ces identités multiples, longtemps mises de côté dans les études historiques au profit de l'exposition d'une culture marchande orientée sur la connaissance des chiffres et du marché, se distinguent au travers de leurs comportements au sein de la collectivité qu'ils dominent économiquement et socialement. Le recours à une démarche microhistorique, éclairant des parcours individuels du début du XVe siècle, me donne l'opportunité de dégager les grandes lignes de la carrière des deux Rocaforti dans un contexte difficile (Part 2), afin de mesurer les composantes de leur domination. Car, si les deux hommes n'ont, à l'origine, pas grand chose en commun, ils font pourtant partie, chacun à leur mesure, des élites de leurs communautés et appartiennent à des réseaux nombreux et croisés. Le premier utilise sa culture notariale et comptable pour gravir les échelons sociaux tandis que l'autre s'appuie sur une large parentèle et des alliances multiples pour maintenir une réputation sans tâche.

Dans une perspective plus générale, la troisième et dernière partie de cette étude (Part 3) tente de mettre en lumière la place de ces élites urbaines au sein de la collectivité, notamment à travers la construction d'un réseau de solidarités efficaces reposant sur une parenté étendue. La période est également à même de les faire se rapprocher des frères franciscains, lesquels développent depuis la fin du XIIIe siècle, l'idée d'un bon marchand, apte à redistribuer ses richesses au sein de la collectivité. Les prédications mendiantes, qui trouvent en Provence un écho tout particulièrement favorable, marquent significativement les élites urbaines qui se plaisent à adhérer au modèle proposé par des activités de prêt, de ravitaillement, voire de corsaire.

Abstract