Thèse de doctorat : Sciences historiques et Humanités

Olivier Lopez

a soutenu sa thèse le vendredi 10 juin 2016 sous la direction de Gilbert Buti.

Sujet
S'établir et travailler chez l'autre. Les hommes de la Compagnie Royale d'Afrique au XVIIIe siècle
Membres du Jury
Anne Brogini, MCF-HDR, Nice-Sophia-Antipolis, CMMC Gilbert Buti, PR émérite, AMU-CNRS-Telemme Stéphane Durand, PR, Avignon et pays de Vaucluse, Centre Norbert-Élias Luca Lo Basso, PR, Università di Genova, Laboratoria di Storia Maritima e Navale Olivier Raveux, CR-HDR, CNRS-Telemme
Mention
Très honorable avec félicitations
Mots clés
Méditerranée, Barbarie, Marseille, concessions, Régences, La Calle, Bône, XVIIIe siècle, compagnie, monopole, commerce, corail, blé
Résumé

Créée en 1741, la Compagnie royale d’Afrique succède à des compagnies à privilèges qui n’ont connu à Marseille, deux siècles durant, que des déboires dans leurs relations avec les Régences de Barbarie. Or, pendant plus d’un demi-siècle cette nouvelle structure commerciale connaît un réel succès dans ses échanges avec les concessions d’Afrique du Nord. Avec des représentants installés de manière pérenne essentiellement dans la Régence d’Alger – comptoirs à La Calle, Bône et Collo – elle organise et contrôle dans les eaux barbaresques, comme le fit la première Compagnie du corail au xvie siècle, la pêche de ce produit apprécié sur la rive nord de la Méditerranée. Cependant, la Compagnie royale d’Afrique a pour tâche première d’assurer la traite des blés afin de participer au bon ravitaillement du royaume. Cette priorité ne l’empêche pas d’intervenir également sur d’autres marchés comme ceux des cires, cuirs et laines. À l’heure où la Méditerranée devient un espace périphérique du commerce mondial, où la pensée économique remet en cause les monopoles commerciaux et où les relations avec les Régences barbaresques tendent à se normaliser, cette Compagnie constitue un bon observatoire pour suivre les pratiques commerciales du second xviiie siècle et décrypter les stratégies des hommes qui en ont la direction. Par ailleurs, s’établir et travailler chez l’Autre, avec ses avantages et ses contraintes, invite également à saisir les relations à l’altérité. Aussi, au-delà de l’étude des flux, des routes maritimes, de l’outillage nautique, des produits, des marchés et des hommes – dirigeants ou simples exécutants –, cette recherche, qui mêle les approches quantitative et qualitative, se présente également comme une lecture des pratiques interculturelles entre les différents acteurs des deux rives de la Méditerranée.

Abstract

Founded in 1741, the French Royal African Company (Compagnie royale d’Afrique) succeeds to exclusive trading companies, which only suffered setbacks in Marseille for two centuries in their relations with the Regencies of Barbary. Yet, for more than half a century, this new commercial structure experienced a real success in trade relations with the concessions of North Africa. With officials durably settled primarily in the Alger Regency – trading stations in El Kala, Annaba and Collo –, the Royal African Company organizes and controls the fishery of coral in the Barbarian maritime territories, just like the first Coral Company did in the 16th century; the coral being a cherished product on the north shore of the Mediterranean Sea. However, the primary task of the Royal African Company is to ensure the trading of wheat in order to contribute to supplying the Kingdom of France. This priority does not prevent the Company to intervene as well on other markets such as the waxes, leathers and wools markets. At the time when the Mediterranean becomes a peripheral area of world trade, when the economic thought calls into question the trading monopolies and when the Barbarian Regencies tend to normalize, this Company represents a good observatory to follow the commercial practices of the second half of the 18th century and analyze the strategies of the leading men. Besides, being established and working in the Other’s home, with its advantages and constraints, invites to understanding the relation to otherness. Thus, beyond the study of flows, sea lanes, nautical equipment, products, markets, and men – be it leaders or simple performers –, this research, blending quantitative and qualitative approaches, can also be presented as a reading of the intercultural practices between the various players on both sides of the Mediterranean.