Thèse de doctorat : Sciences géographiques et de l'aménagement

Silvère Jourdan

a soutenu sa thèse le lundi 9 décembre 2013 sous la direction de Bernard Morel.

Sujet
Du processus de métropolisation à celui de la gentrification. L'exemple de deux villes méditerranéennes : Barcelone et Marseille
Membres du Jury
Bernard Morel, Aix-Marseille Université Gilles Novarina, Université Pierre Mendes-France, Grenoble Alex Casademunt-Monfort, Université autonome de Barcelone Stéphane Leroy, Université d’Angers Boris Grésillon, Aix-Marseille Université
Mention
Très honorable
Mots clés
Résumé

A l’instar de nombreuses métropoles européennes, Barcelone et Marseille ont connu des évolutions économiques et sociales dont l’analyse nous permet de constater des politiques de reconquête urbaine accomplies - depuis une vingtaine d’années pour la première, une dizaine pour la seconde – dans le but d’intégrer un système urbain européen concurrentiel. Comme démonstration de leurs capacités à se réinventer, les villes n’hésitent pas à créer de nouvelles centralités sur leur waterfront, liées au développement de nouveaux types d’activités économiques. Le substrat économique et social, puis urbanistique, des deux cités, connait donc des bouleversements dont le processus de gentrification est un aspect.

Parce qu’elles sont toutes deux d’anciennes villes portuaires et industrielles, elles ont été confrontées aux mêmes difficultés de reconversions économiques et sociales. Mais Barcelone, avant Marseille, a réussi sa transition structurelle (au sens économique du terme) et s’est imposée comme métropole au sein de son aire métropolitaine et du système urbain européen. Aujourd’hui, Marseille s’oriente vers un modèle barcelonais en matière de « régénération urbaine ». Il semble dès lors pertinent de décrire les effets des politiques urbaines développées à Barcelone et d’y confronter celles qui sont menées à Marseille.

Près de cinquante années de recherches urbaines concernant la gentrification – de l’invention du terme par la sociologue Ruth Glass à la gentrification généralisée expliquée par Neil Smith - nous permettent aujourd’hui d’appréhender la réalité à travers le rapport dialectique entre une gentrification originelle et une gentrification institutionnelle, leurs acteurs et leurs impacts sur le tissu urbain préexistant. Prenant appui sur ce socle théorique, l’écologie factorielle urbaine nous semble être appropriée pour proposer une géographie de la gentrification pour chacune des deux villes.

Entre une prédisposition urbaine de certains quartiers à développer le processus et son développement réel voulu ou non par les politiques, demeure une réalité urbaine l’empêchant parfois. Les quartiers qui ont a priori un fort potentiel ne sont pas forcément ceux qui connaissent le processus de gentrification, quelle peut être l’entrave à son développement ? A l’inverse quels « types de gentrifications » apparaissent dans les quartiers qui qualitativement ne semblent pas représenter un grand intérêt pour certains acteurs ? La gentrification est à considérer avec et en fonction d’autres processus urbains, relevant de, et révélant l’idiosyncrasie de chaque ville. Ces questionnements sont à la base de l’étude de ce type d’embourgeoisement affectant Marseille et Barcelone.

 

Abstract