Thèse de doctorat : Sciences géographiques et de l'aménagement

Antoine Grandclément

a soutenu sa thèse le vendredi 9 novembre 2012 sous la direction de Sylvie Daviet.

Sujet
Géographie des pôles de compétitivité : réseaux et territoires de l'innovation
Membres du Jury
Sylvie Daviet, Professeur Aix-Marseille-Université (directeur) Jacques Fache, Professeur Université d’Angers (rapporteur) Frederic Leriche, Professeur Université de Versailles-Saint Quentin en Yvelines (rapporteur) Denis Eckert, Directeur de recherche CNRS Université de Toulouse II Loïc Grasland, Professeur Université d’Avignon Bernard Pecqueur, Professeur Université de Grenoble
Mention
Très honorable
Mots clés
innovation, politiques industrielles, aménagement du territoire, pôles de compétitivité, pôles d’excellence rurale
Résumé

Cette thèse se propose d’étudier l’organisation spatiale des pôles de compétitivité et leur impact sur la géographie des réseaux et des processus d’innovation.

Elle s’appuie sur deux hypothèses principales :

  • L’organisation spatiale des pôles repose sur l’articulation différenciée de réseaux de nature et d’échelle variées qui poursuivent leurs stratégies propres. Si les pôles sont au cœur des réseaux d’innovation, ces derniers ne se limitent pas pour autant aux pôles de compétitivité.
  • Les pôles ne relèvent ni d’un simple changement d’échelle, ni de logiques d’emboîtement strict des échelles de l’innovation. Ils sont au contraire le point où ces différents niveaux d’échelle s’articulent de façon complexe selon des recouvrements et recoupements partiels.

Si les pôles de compétitivité lancés en 2004 sont l’objet de nombreux débats, depuis leur nombre jugé excessif jusqu’à leur efficacité, ils sont devenus en quelques années des acteurs incontournables de l’innovation et de la recherche. Ils relèvent du double champ des politiques industrielles et des politiques d’aménagement du territoire. Ils associent ainsi des objectifs macroéconomiques (l’innovation, la compétitivité) et un modèle industriel et spatial spécifique (« sur un territoire donné l’association d’entreprises, de centres de recherche et d’organismes de formation, engagés dans une démarche partenariale »).

La politique des pôles s’appuie sur les modèles de réseaux d’entreprises, mais elle introduit également certaines ruptures. Du fait du choix de la procédure de l’appel à projet, la construction des projets de pôles a largement échu aux acteurs locaux et régionaux, suscitant une grande diversité de choix. Elle s’est traduite par un processus d’agrégation d’acteurs et de réseaux d’acteurs et par la définition plus ou moins rigoureuse d’un périmètre sectoriel ou thématique. Elle a en outre affirmé la nécessité d’un changement d’échelle, pour donner une masse critique aux pôles en rassemblant de nouveaux acteurs.

La dimension spatiale est donc au cœur de cette politique, mais la souplesse réglementaire et le silence relatif du cahier des charges sur la forme spatiale des pôles ou sur leur périmètre ont alimenté des débats importants. L’opposition réseaux/territoire, concentre notamment ces interrogations.

Malgré ces débats, et malgré la multiplication des rapports et des travaux de recherche, on ne dispose que de peu d’éléments précis sur la réalité géographique d’un pôle de compétitivité, son assise spatiale, l’aire de recrutement de ses adhérents ou la portée et le rayonnement de ses réseaux. Cette politique nationale doit de plus être mise en perspective en interrogeant l’insertion des pôles dans leur environnement scientifique et industriel régional. L’échelle régionale s’affirme comme un espace pertinent de structuration des processus d’innovation. L’apparition de relations entre pôles et de transversalités qui nourrissent les processus d’innovation entre en résonance avec l’émergence des Régions comme acteur de l’aménagement du territoire et de l’économie.

Ce projet s’appuie sur l’étude de la région PACA qui compte 9 pôles de compétitivité de toutes tailles et construits autour de thématiques industrielles variées. Ce terrain offre des possibilités de comparaison et de mise en perspective des pôles.

Abstract