Thèse de doctorat : Sciences historiques et Humanités

Sébastien Lupo

a soutenu sa thèse le lundi 29 juin 2015 sous la direction de Gilbert Buti.

Sujet
Commercer en Méditerranée au XVIIIe siècle - Négoce, réseau, marché et sociabilité en milieu marchand
Membres du Jury
Guilbert Buti, AMU, Telemme ; Olivier Raveux, CNRS, Telemme ; Wolfgang Kaiser, Université Paris I Sorbonne ; Pierre Gervais, Université Paris III – Institut du Monde anglophone ; Bernard Heyberger, EHESS-EPHE Paris ; Corine Maitte, Université Paris Est, Marne-la-Vallée
Mention
Très honorable avec félicitations
Mots clés
Résumé

Ce projet de recherche s'inscrit dans le renouvellement actuel des interrogations sur l'histoire économique et sociale à l'époque moderne grâce à l'historicisation de concepts développés par d’autres sciences humaines comme la sociologie, l'anthropologie ou l'économie. Il s'agit de confronter les notions de marché, de réseau, de liens sociaux ou d'encastrement aux réalités marchandes à partir notamment de l'exploitation de correspondances, de pièces comptables et administratives des maisons négociantes.

Mon analyse traite de l'aire méditerranéenne bornée non pas par les repères géographiques ordinaires mais par les pratiques des acteurs économiques. Ainsi, la Méditerranée est envisagée comme une interface entre des espaces autrement plus vastes et éloignés. De Cadix aux échelles du Levant (Salonique, Constantinople, Smyrne, Alexandrette-Alep, Alexandrie…), en passant par la Barbarie, les rivages de la Chrétienté et les Balkans, ce sont les marchandises d'Amérique, d'Afrique, d'Europe et d'Asie qui circulent, s'échangent et se consomment. La période envisagée couvre un large XVIII siècle qui débuterait dès la décennie 1690 quand se perçoivent les premiers frémissements de l’expansion économique. Le take off atlantique amorce un bouleversement des échanges, alors que la fin du « tragique XVII siècle » est marquée par les « hésitations de la croissance », les mauvaises récoltes et les guerres. C'est pourtant dans cette période trouble que s'annonce l'essor du beau siècle jusqu'aux turbulences de la décade révolutionnaire française.

 

L'attention privilégiera le rôle des acteurs économiques et leurs stratégies pour faire face aux bouleversements d'un monde non ergodique par essence et les structures sociales mises en œuvre. L'approche à l'échelle micro – avec études de cas et reconstitution de trajectoires individuelles – dans une logique comparative, sera valorisée pour comprendre les arbitrages des contemporains en faveur de la prise de risque, génératrice de profits, ou de la prudence visant à perpétuer leur maison de négoce.

Abstract