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    Ecriture de l’histoire et mobilisation des mémoires sur le web (France-Méditerranée). Acteurs et témoins - en collaboration avec l'ATRI 4 Patrimoine : enjeux, pratiques, représentations du LABEXMED , Journée d'études

    Sophie GEBEIL - Maryline CRIVELLO | 10.12.13
    digital humanities | histoire | mémoire | numérique | témoin | usages du passé

    Ces journées d’études, organisées par Maryline Crivello, Alain Battegay et Sophie Gebeil, s’inscrivent dans la réflexion menée sur Numérique et mobilisation du passé en Méditerranée (2013-2015) par le groupe 4.1 « Figures du temps, projections de l’avenir. Récits, images, cultures (espace euro-méditerranéen. XVIIe-XXIe siècle) » du laboratoire Telemme. A l’échelle de la MMSH, elles sont également portées par l’ATRI n° 4 « Patrimoine : enjeux, pratiques, représentations » et le LabexMed qui est engagé dans une réflexion sur les digital humanities.  L’objet de ces deux journées était d’interroger la place du numérique dans les modalités d’élaboration de l’histoire et de mobilisation des mémoires, en rassemblant des créateurs de contenus mémoriels en ligne, des ingénieurs, des archivistes et des chercheurs en sciences humaines et sociales (histoire, sociologie, digital studies) autour de ces questions.

    Après l’introduction de Maryline Crivello rappelant la dynamique portée par le laboratoire Telemme et le Pôle Images/Sons au sein de la MMSH depuis 2001 sur le numérique, la conférence inaugurale de Philippe Joutard a exposé les défis auxquels les historiens étaient confrontés, dans un contexte de règne de la mémoire et de généralisation des usages du numérique. Depuis les années 1970, l’émergence des mémoires  a donné lieu à de nouveaux champs historiographiques fondés sur des sources orales permettant d’étudier les mémoires collectives. A partir des années 2000, l’internet a renforcé le poids de la mémoire au détriment de l’histoire. Dans un tel contexte, il est devenu indispensable de prendre en compte les sources numériques dans toute étude historique contemporaine.

    Cette appréhension du numérique par les historiens n’est cependant pas sans imposer un tournant épistémologique. Ainsi, Pierre Mounier a montré comment les méthodes de l’histoire se trouvaient renouvelées par l’essor des Technologies de l’Information et de la Communication, et ce depuis le recours à l’informatique dans le cadre de l’histoire quantitative dès les années 1960. Dans cette relation singulière entre l’histoire et le numérique, le rendez-vous a parfois été manqué au regard des enjeux, pourtant fondamentaux pour l’historien, liés à la quantification, à l’archive et au récit. En soulignant l’apport des récents travaux historiographiques portant sur le numérique, Pierre Mounier a montré le rôle fondamental de l’historien dans l’élaboration d’une « lecture critique des développements actuels, aussi bien au sein des différentes disciplines des sciences humaines et sociales, que de la société elle-même ».  

    Parmi les défis méthodologiques, l’apparition des archives de l’internet depuis la fin des années 1990 a apporté de nouvelles sources pour l’histoire du temps présent. En France, le dépôt légal du web a été institué par la loi DADVSI de 2006  qui a confié la mission d’archivage à la Bibliothèque Nationale de France et à l’Institut National de l’Audiovisuel (INA). Les spécificités de ces sources ont été présentées par Claude Mussou et Louise Merzeau à partir du fonds web-média de l’INA. Si l’archive permet de pallier à l’instabilité des contenus en ligne, elle s’inscrit dans un cadre juridique, archivistique et technique qui en conditionne l’élaboration. Appréhender cette archive inédite, basée sur les principes du crawling, de l’échantillonnage et de la simulation, implique d’en saisir le processus de création qui renouvelle le rapport épistémologique au document, à la trace et à la mémoire.

    La seconde journée permettait, à travers une série de projets de recherche intégrant le numérique, d’aborder les enjeux liés à l’édition en ligne et aux sources numériques en histoire. Elle a ainsi débuté par la question des usages du passé algérien dans « l’espace public » numérique dans une perspective historiographique. En présentant son doctorat en cours sur « les mémoires de l’immigration maghrébine sur le web français », Sophie Gebeil a montré comment les archives de l’internet permettaient d’étudier l’histoire des mémoires algériennes en France. Les interventions des réalisateurs de webdocumentaires mémoriels interrogeant les relations entre la France et l’Algérie, ont permis de mieux cerner les conditions de production et les motivations personnelles de ces nouveaux acteurs de la mémoire en ligne. Désireux de dépasser les clivages hérités du passé mais aussi de donner davantage de visibilité à ce qui est perçu comme un « angle mort » de l’histoire, ces derniers ont placé au centre des dispositifs  la parole aux témoins, qu’il s’agisse du 17 octobre 1961 (Olivier Lambert) ou des victimes féminines de la décennie noire en Algérie (Carole Filiu et Ferhat Mouhali). Ces exemples ont fait particulièrement écho à l’intervention de Philippe Joutard qui avait évoqué la veille, la façon dont l’histoire orale, tout comme l’histoire de l’internet, incarne une histoire démocratique, permettant de « faire parler les silencieux » et les « oubliés » du roman national.

    La dernière partie des journées d’étude était  consacrée à la présentation de projets et d’expériences liés à l’éditorialisation numérique de la recherche à la MMSH. La présentation de la collection « La page et l’écran » (Bernard Cousin et Gisèle Seimandi) a mis en exergue l’évolution des pratiques depuis les premiers projets portés par le pôle Image-son en 2001 (recueil électronique). Ces projets témoignent également du caractère bénéfique de la collaboration entre chercheurs et ingénieurs en sciences de l’informatique, à l’image du site Seguier.org dédié à l’édition et à la modélisation des correspondances cet auteur du XVIIIème siècle, présenté par Eric Carroll et Emmanuelle Chapron.  Enfin, l’interdisciplinarité autour du numérique et des mémoires est à l’origine de la série filmique « Je me souviens… de la Méditerranée » dont Marianne Charbonnier s’est saisie pour bâtir une réflexion théorique sur les webdocumentaires historiques et mémoriels dans le cadre d’un doctorat en études cinématographiques.

    L’ensemble des Tweets de ces journées sont disponibles sur Twitter (#NUMHIS) et en accès libre sur la plateforme  Storify

     

    Pour citer ce compte rendu

    Sophie GEBEIL - Maryline CRIVELLO, « Ecriture de l’histoire et mobilisation des mémoires sur le web (France-Méditerranée) : acteurs et témoins ». Compte rendu, Journée d'études : Ecriture de l’histoire et mobilisation des mémoires sur le web (France-Méditerranée). Acteurs et témoins - en collaboration avec l'ATRI 4 Patrimoine : enjeux, pratiques, représentations du LABEXMED du 10 décembre 2013 , consulté le jeudi 30 mars 2017. URL : http://telemme.mmsh.univ-aix.fr/edition/94211/0