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  • L’ornement rocaille à l’épreuve de l’antique, des Lumières à la Révolution [Résumé de la communication]

    Histoire de l'art et histoire moderne , Séminaire d'Histoire moderne

    Magali Théron, Marie-Pauline Martin, Rossella Froissart (AMU - TELEMME, CNRS) | 30.01.13

    Les termes « architecture » et de « décor » se confondent ici car les contemporains eux-mêmes refusent parfois d’être appelés l’un (architecte) ou l’autre (décorateur). Germain Boffrand (1667-1754),  – il est entre autres l’architecte des hôtels du Faubourg St-Germain à Paris et l’auteur des décors rocailles de l’hôtel de Soubise – a voyagé à l’intérieur de l’Europe et nous est présenté comme « maître du Rococo ». Il considère son style comme n’étant ni baroque, ni classique. Boffrand reprend le décor de l’Antiquité et transmet ainsi la Grèce et la Rome antiques à (toute) l’Europe de ses contemporains. En outre, la théorie de la rhétorique, capacité surtout linguistique, est transmise avec sa théorie de l’ornement dans l’architecture. Boffrand fait ainsi le lien entre la langue et l’architecture en lui donnant comme point commun l’esthétique. Contrairement au théoricien du siècle d’avant, Boffrand ne théorise pas une universalité, mais présente son architecture comme système universellement valable.

    Le critique de l’Art et membre de l’Académie royale de peinture et de sculpture, Charles-Nicolas Cochin (1715-1790), est lui aussi très influencé par l’Antiquité et la valorise. Tout comme Boffrand, il fait aussi partie des personnes appréciées par la marquise de Pompadour. Et tout comme Boffrand, Cochin ne parle pas de l’universalité, mais part du principe de l’universalité ne considérant même pas qu’il puisse exister une autre forme ou une autre théorie que celle qu’il propose pour l’art. Pourtant, Cochin va plus loin que Boffrand en refusant la nécessité que l’art se soumette à la mode et aux goûts des gens, non, pour lui, c’est l’Académie qui fait autorité ou qui doit faire autorité et imposer son style. Tout comme les langues créées par les théoriciens du siècle avant le sien, Cochin propose une structure artificielle qui doit être reprise par tout le monde en la déclarant comme origine, comme chose naturelle. Il se prononce contre l’art rocaille contrairement à d’autres membres de l’Académie comme Charles Percier (1764-1838) et Pierre-François-Léonard Fontaine (1762-1853). Charles Percier se retrouve à Paris après son voyage en Italie en même temps que Fontaine, celui-ci revenant de Londres. Eux aussi, font référence à l’Antiquité, voyant l’omniprésence du style de celle-ci dans les différents pays dans lesquels ils ont vécu et qui eux sont tous liés à l’Antiquité (p. ex. l’Angleterre et l’Italie). Leur point de vue politique leur permet de faire le lien avec des idées révolutionnaires et même à participer au changement du Louvre en musée entre 1801 et 1812. C’est ici que nous pouvons voir le changement qui s’est fait entre les deux siècles : la place de la religion (chrétienne) a été reprise par la raison et / ou les idées politiques. Pourtant, la République des Langues et l’art rocaille se veulent universels, même si les théoriciens du projet d’une langue universelle parlent explicitement de cette universalité tandis que les théoriciens de l’art rocaille partent juste du principe d’être universel sans le déclarer expressément. En conclusion, l’universalité est bien « une noble attitude », mais sa réalisation en est difficile. Nous sommes obligés de constater que ce n'est que dans l'optique de l'observateur que sa réalisation est considérée comme effective.

    Pour citer ce résumé de la communication

    Magali Théron, Marie-Pauline Martin, Rossella Froissart (AMU - TELEMME, CNRS), « L’ornement rocaille à l’épreuve de l’antique, des Lumières à la Révolution ». Résumé de la communication, Séminaire d'Histoire moderne : Histoire de l'art et histoire moderne du 30 janvier 2013 , consulté le samedi 20 octobre 2018. URL : http://telemme.mmsh.univ-aix.fr/edition/68611/0