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    Moralités marchandes dans l’Europe méditerranéenne au XVIIIe siècle : institutions, appartenances, pratiques , Journée d'études

    Gilbert BUTI (TELEMME, UMA, CNRS), Christopher DENIS-DELACOUR (Univ.Paris 1 Panthéon-Sorbonne-École Française de Rome), Olivier RAVEUX (TELEMME CNRS), Biagio SALVEMINI (Université de Bari) | 24.05.13

    Le séminaire d’Aix-en-Provence conclura le cycle des rencontres et des publications du projet de recherche Aux bords des institutions. Lancé au mois de janvier 2011 à Bari, où furent constituées les équipes et esquissées les lignes générales du projet, le cycle a avancé avec les séminaires de février 2012 à l’École Française de Rome, sur Le commerce actif : politiques économiques et pratiques marchandes (fonctionnement des appareils de l’état et processus décisionnels du mercantilisme), et celui de Bâle, en septembre 2012, sur Frauds : norms, institutions and illegal economic practices. La rencontre finale à la Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme (Aix-en-Provence) propose de répondre au défi relevé lors des rencontres précédentes sur les institutions et les normes, en adoptant un point d’observation différent : celui des moralités marchandes.

    L’espace méditerranéen peut être perçu comme un laboratoire particulièrement pertinent pour travailler cette thématique, par l’existence d’une densité et d’une variété institutionnelles et par le fait que l’économie y a été longtemps régentée par le commerce. Cette prégnance du commerce et de la forme commerciale sur l’économie a pour conséquence de rendre totalement stratégiques les relations personnelles dans la vie économique, et l’on peut avancer que l’économie organisée par le commerce se caractérise par la primauté accordée aux relations personnelles. Pendant ce « long XVIIIe siècle » du mercantilisme ces questions apparaissent au cœur de réflexion d’hommes de lettres, de juristes et théologiens, comme aux administrateurs ou entrepreneurs. Il nous semblerait naïf d’imaginer que cette recherche du « parfait négociant » ou du « négociant patriote » doué d’une éthique marchande autonome est un indice de l’émergence d’un fondement pour la confiance dans les contrats et la réduction des coûts de transaction. Dans les vives discussions sur la formation, les qualités, les rôles sociaux, les comportements des marchands, le vocabulaire utilisé est substantiellement celui qui s’était élaboré, des siècles durant, autour de la dimension civique et religieuse de l’action individuelle, des obligations sociales liées à la richesse, de la difficulté de concilier commerce et vertu, avidités marchandes et éthiques communautaires ou sacrées. À partir des débats articulés autour de « commerce et éthique », on cherchera à analyser l’épaisseur, la complexité et la variété des sujets ou acteurs qui prennent les décisions économiques durant ce « long XVIIIe siècle ».

    Le programme que nous avons conçu dans le prolongement des trois rencontres précédentesvise pour l'essentiel à construire et expliciter, les formes sociales et morales de la singularité méditerranéenne en matière d'éthique ou moralité économique. Il n’est pas nécessaire ici de revenir sur l’individualisme méthodologique et les démarches « systémiques ». Il nous semble essentiel de dépasser les conceptions rudimentaires des institutions, des normes et des acteurs, pour considérer les différentes formes que peut prendre le décideur (familiales, parentales, locales,…), les conflits éclatant même à l’intérieur de celui-ci.Ainsi, il convient, à ce stade de notre réflexion de considérer la moralité marchande sur trois niveaux ou prismes qui seraient ceux :- des trajectoires et des caractéristiques personnelles ainsi que des stratégies d’autoreprésentations qui participent à la construction de l’individu ;- des encastrements politiques, culturels et sociaux qui façonnent les groupes marchands durant le long siècle considéré (l’État, la paroisse, la « nation », la ville, la religion…)- des institutions productrices de normes et de comportements normés (l’État, mais aussi les tribunaux de commerce, les assemblées de marchands…)

    L’objectif de la rencontre d’Aix-en-Provence invite à utiliser cette puissante production prescriptive comme un vaste répertoire de questions à poser aux sources sur la base desquelles nous reconstruisons les profils des négociants se mesurant avec les nouveaux marchés et les institutions mercantilistes. Le but est de restituer les processus décisionnels des acteurs du commerce dans leur complexité, dans la richesse de leurs motivations même symboliques, dans les interrelations avec les autres acteurs et avec la densité et le caractère contradictoire des cadres institutionnels. Il faudra le faire, selon la ligne du projet de recherche « Aux bords des institutions », à partir d’études de cas précis, mais animés par une tension interprétative commune permettant de mettre en relation des hommes, des pratiques et des éthiques ou moralités, y compris situés dans des espaces temporels et géographiques éloignées.

    Pour citer ce compte rendu

    Gilbert BUTI (TELEMME, UMA, CNRS), Christopher DENIS-DELACOUR (Univ.Paris 1 Panthéon-Sorbonne-École Française de Rome), Olivier RAVEUX (TELEMME CNRS), Biagio SALVEMINI (Université de Bari), « Moralités marchandes dans l’Europe méditerranéenne au XVIIIe siècle : institutions, appartenances, pratiques ». Compte rendu, Journée d'études : Moralités marchandes dans l’Europe méditerranéenne au XVIIIe siècle : institutions, appartenances, pratiques du 24 May 2013 , consulté le Thursday, July 18, 2019. URL : http://telemme.mmsh.univ-aix.fr/edition/63491/0