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    Actualité éditoriale de GeFeM , Séminaire

    Caroline Rimbault-Minot | 17.01.13
    cité | dictionnaire | femmes | ouvrages

    Après une rapide introduction de Karine Lambert rappelant les principales dates à venir, notamment la journée d’études du mercredi 20 mars, coorganisée à la MMSH avec l’Association Déméter-Coré, « Genre et marginalités : regards croisés », la parole est donnée tout d’abord à Renée Dray-Bensousssan qui présente le Dictionnaire des Marseillaises, Gaussen, 2012, codirigé avec Hélène Echinard, Catherine Marand-Fouquet et Eliane Richard.

    L’Association « Les Femmes et la Ville » est à l’origine du livre que Renée présente aujourd’hui. Elle est née à Marseille en 1989, créée par des historiennes, chercheuses et enseignantes qui pendant de nombreuses années ont porté le projet d’écrire l’histoire des Marseillaises. En 1999, pour le 26ème centenaire de Marseille, cette association publiait chez Edisud Marseillaises, 26 siècles d’Histoire. Livre pionnier sur le plan local et national mais pas international puisqu’à Montréal notamment, avait paru à l’occasion des 350 ans de la fondation de la ville, en 1992, préparé par un colloque Les bâtisseuses de la Cité.

    En cette année 2013 où Marseille-Provence est capitale européenne de la culture, c’est un nouvel ouvrage que l’association « Les Femmes et la Ville » propose ; non pas que l’ancien soit obsolète, mais il fallait : réparer quelques oublis inévitables lorsqu’on défriche un nouveau champ de recherches, tenir compte de l’avancée des travaux en histoire des femmes et dans la problématique genre qui ont permis de ressusciter de nouvelles personnalités dignes d’intérêt, accueillir enfin de nouvelles venues en raison de la règle que nous nous étions fixée et à laquelle nous sommes restées fidèles : ne traiter que des personnes décédées.

    Il s’agit donc bien d’un nouvel ouvrage. D’anciennes notices ont bien sûr été revues à chaque fois qu’une correction ou un complément s’est avéré nécessaire. Ainsi 150 nouvelles biographies sont venues enrichir le corpus portant à près de 500 le nombre de Marseillaises qui figurent dans ce dictionnaire. 400 pages donc au lieu des 240 du précédent. L’équipe directionnelle s’est resserrée pour tenir compte des indisponibilités de certaines, passant de 6 à 4 historiennes (Renée Dray-Bensoussan, Hélène Echinard, Catherine Marand-Fouquet, Eliane Richard). L’équipe rédactionnelle s’est elle aussi modifiée, 111 auteurs contre 82 auparavant (54 hommes, 57 femmes). L’iconographie de ce nouvel ouvrage doit beaucoup à certains collaborateurs et certaines collaboratrices qui ont mis à disposition leurs collections personnelles. Elle a fait l’objet d’un effort tout particulier : 400 vignettes en noir et blanc illustrent la majeure partie des notices. En outre, un cahier couleurs de 32 pages comportant 60 illustrations s’ajoute aux instruments de travail que sont les répertoires alphabétiques, chronologiques et thématiques. Un jeune éditeur, David Gaussen, a bien voulu prendre des risques pour réaliser pour ce bel ouvrage. Le soutien des collectivités locale, départementale et régionale est remercié. En revanche, Renée Dray-Bensoussan déplore que ce travail qui met en évidence la participation des femmes à l’histoire de la cité n’ait pas pour l’instant bénéficié du label 2013.

    Les sources : Leurs sources se sont diversifiées, puisant davantage encore dans les archives familiales que beaucoup de descendants leur ont fournies. Les familles ou les descendants des personnes étudiées leur ont confié des documents privés, de précieuses photos et transmis des souvenirs. La recherche sur internet s’est révélée payante, avec bien sûr les précautions d’usage. Seul internet leur a permis d’entrer en rapport avec des auteurs nous menant directement aux familles, fournissant une iconographie originale.

    Quelles sont ces Marseillaises que le dictionnaire propose à notre curiosité ?Le choix n’a pas toujours été facile. Certaines s’imposaient par leur célébrité consacrée parfois par des noms de rues : Désirée Clary, Françoise Duparc… mais il y a des femmes qui ont compté en leur temps et que l’on a oubliées ou presque : Germaine Poinso- Chapuis, Marie Grobet, Irene Laure…

    Les auteurs ont voulu aussi redonner vie aux anonymes dans le cadre quotidien de leurs activités spécifiquement marseillaises ou non (poissonnières, porteïris…auffieres), des notices collectives les ressuscitent. De même ressurgissent des héroïnes dont seules des plaques entretiennent le souvenir : Eliane Plewmann, Mala Kriegel, Elise Delanian. Des pionnières dans des activités jusqu’alors réservées aux hommes ont été mises à l’honneur : première astronome, première avocate, première femme médecin…L’originalité de ce dictionnaire est aussi de présenter des figures féminines mythiques : de Gyptis à la Bonne Mère en passant par « La Marseillaise » de notre hymne nationale, elles contribuent à dessiner l’image de la cité. Certains s’étonneront de trouver dans ce livre Mme de Sévigné, Louise Michel ou Lucie Aubrac. Ce sont des « passantes » pour lesquelles Marseille a compté ou qui, par leurs œuvres, y ont laissé une trace.

    Quelques exemples :

    Françoise Duparc, femme peintre du XIXe siècle qui a son boulevard dans le 4e arrondissement et dont le musée des Beaux-Arts posséde quatre beaux portraits.

    De même pour Simone Sédan, une des premières femmes à avoir exercé la médecine hospitalière à Marseille, et fondatrice par ailleurs de plusieurs services sociaux ; hommage lui est rendu dans une rue proche de la Croix-Rouge au boulevard Chave et son portrait, parmi plusieurs de ses confrères masculins, orne la station de métro Timone.

    Etonnant destin de Désirée Clary, cette jeune marseillaise, un temps fiancée de Bonaparte, devenue ensuite reine de Suède et qui est à l’origine de l’actuelle dynastie suédoise.

    On pourrait en citer bien d’autres comme les résistantes Fifi Turin, Mireille Lauze ou Berthie Albrecht. Au 8 rue Mérentié une inscription mentionne, parmi d’autres personnes arrêtées sur ce lieu en mars 1944, celui d’Eliane Plewman, une britannique née à Marseille, devenue sous-lieutenant d’un service secret. Parachutée en France, elle retourne dans sa ville natale pour participer, elle aussi, à la Résistance. Transférée à Dachau, elle y est exécutée en septembre 1944.

    Agnès de Jessé Charleval était une sage-femme bien connue de la bourgeoisie marseillaise mais aussi une féministe active dans l’entre-deux-guerres. Elle a laissé son nom à l’Abri maternel qu’elle a installé 71 boulevard de la Blancarde et qu’elle a présidé pendant plusieurs décennies.

    Voici encore quelques exemples pris dans des domaines différents :

    Le social avec Marie-Elisabeth Reinaud, , avec Marie Bouffier, collaboratrice de la première heure du père Dassy pour la création en 1859 de l’Institut des jeunes aveugles de Marseille. Le culturel avec Marie Grobet, à qui Marseille doit un de ses musées les plus attachants, mais dont le rôle est toujours occulté au profit de son père Alexandre Labadié et de son mari Louis Grobet. C’est bien elle qui, en 1919 a fait don à la ville de son propre hôtel particulier ainsi que de ses propres collections, et qui a contribué par la suite à l’installation du musée.

    L’économique aussi avec l’exemple de Mme Noilly-Prat bien connue pour ses œuvres sociales mais dont on n’avait encore jamais mis en valeur la fonction de dirigeant d’une grande entreprise marseillaise du XIXe siècle, fonction qu’elle a exercé pendant 32 ans jusqu’à son décès en 1902.

    Parmi les femmes qui ont œuvré dans le domaine politique à côté des Vicomtesses marseillaises du Moyen-Age ou des Dames du siège de 1524 qui ont aussi leur plaque de rue, place a été faite aux suffragettes de la première moitié du XXe siècle : par exemple l’avocate Marie-Thérèse Isnard, Eugénie Fraissinet, Edith Naegely et bien sûr, Germaine Poinso-Chapuis (première française ministre de plein exercice en 1947).Le monde de la culture, du spectacle, du mécénat et de la création est aussi largement présent dans ce dictionnaire. Les femmes y ont souvent joué un rôle de premier plan, de la poétesse Marseille Altovitis au XIVe siècle à la romancière Nicole Ciravegna ou à Madame Zaza of Marseille, récemment décédées.

    Et pourquoi ne pas accorder une place aux petits métiers typiquement marseillais qui étaient dans le passé assumés par des femmes, puisqu’elles ont , elles aussi, contribué à construire la cité, les poissonnières bien sûr, mais aussi les auffières, les travailleuses des dattes, ou les cigarières de la manufacture des tabacs ? (traitées de façon collective).

    Renée Dray-Bensoussan souhaite que ce dictionnaire aide à mieux connaître Marseille , à découvrir et à associer aux hommes qui ont construit son histoire ces bataillons de femmes qui, elles aussi, à côté d’eux, ont œuvré à faire de Marseille ce qu’elle est aujourd’hui.

    Nicole Cadène intervient ensuite pour présenter son ouvrage « Mon énigme éternel », Marie-Edmée…, une jeune fille française sous le Second Empire », paru aux Presses Universitaires de Provence, dans la collection «  Penser le genre », en 2012. Elle remercie particulièrement le groupe GeFeM avec qui s’est faite la genèse de cette biographie. En effet, la réflexion commune portait alors sur l’héroïsme féminin, sur les modèles héroïques proposés aux jeunes filles du XIXe siècle : pourquoi leur proposait-on de tels modèles alors qu’on les destinait au mariage et à la maternité, et comment se débrouillaient-elles d’un tel paradoxe ? En lisant des journaux intimes pour tenter de répondre à ces questions, Nicole Cadène retient celui de Marie-Edmée car cette artiste et diariste nancéienne née en 1845 dans une famille militaire et catholique vouait un culte à Jeanne d’Arc. L’exemple de la libératrice de la France l’avait poussée à accomplir une action héroïque pendant la guerre de 1870, en allant faire libérer son frère prisonnier des Prussiens, se lançant une nouvelle fois à sa recherche après la débâcle de l’armée française dans le Jura pendant l’hiver 1871, une entreprise qui lui avait coûté la vie, à l’âge de 25 ans.

    Nicole Cadène a ensuite consacré plusieurs communications, étudiant comment , à travers le journal, écrit sur les instances de sa mère à des fins éducatives et morales, celle-ci s’était efforcée de «  créer » en sa fille un chef d’œuvre, entreprise aboutie au point d’avoir entraîné la destruction de celle qui en avait été le sujet consentant, puisqu’elle avait conduit Marie-Edmée à renoncer à tous ses désirs, jugés coupables ou excessifs. Par la suite, en publiant en 1876 le journal de sa fille dans une version expurgée, cette mère s’était efforcée de « recréer » la jeune fille idéale, présentant Marie-Edmée comme un modèle pour les jeunes filles catholiques.

    Nicole Cadène veut surtout axer ici sa réflexion sur une question épistémologique, comment écrire une vie ? Comment saisir un être humain dans sa vérité ? Elle a d’abord procédé par immersion : transcription littérale de l’original du journal qui a servi de fil conducteur et de trame dans ce qu’elle qualifie « d’écriture à quatre mains », ses phrases mêlées à celles de Marie-Edmée pour écrire sa biographie « au fil de sa plume ». Elle ne veut pas l’emprisonner dans sa destinée tragique. Parallèlement, elle s’efforce d’acquérir la culture de Marie-Edmée, lisant les livres qu’elle avait lus, contemplant les tableaux qu’elle avait admirés, parcourant ses itinéraires.

    Le journal intime de Marie-Edmée est remarquable par l’acuité du regard que la diariste pose sur elle-même, par son honnêteté et sa précision. Mais il fallait aussi s’en distancier, car il ne saurait être pris comme un reflet exact de sa vie. Non seulement Marie-Edmée n’écrit pas tous les jours, mais les « vides » du journal correspondent souvent à des « pleins » de son existence. Ensuite, plusieurs carnets ont été l’objet de censures parfois étendues. D’où la volonté de traduire ces limites en construisant une biographie discontinue. Si le récit respecte un ordre chronologique, il comporte aussi des ellipses. Nicole Cadène s’est inspirée de la construction d’un roman de Virginia Woolf, Les Années, la littérature jouant un rôle important dans sa réflexion. En dépit des lacunes, le journal est d’une extraordinaire richesse. Il traite de la vie affective, spirituelle, intellectuelle, familiale, sociale et artistique de la diariste. Il reflète l’histoire de son temps, puisque Marie-Edmée s’intéressait à la politique intérieure (convictions républicaines) et étrangère, elle vécut personnellement la Guerre de 1870. Elle fréquenta ou côtoya d’illustres contemporains, artistes, éditeurs, ecclésiastiques, écrivains ou politiques. A Nancy, elle possédait un réseau de relations très dense… Une telle richesse ne pouvait être rendue que par une approche micro-historique. Nicole Cadène a été particulièrement attentive aux relations de Marie-Edmée avec son entourage, mère, frère, cousines, amies.

    Elle souhaitait ne pas emprisonner Marie-Edmée dans un destin, encore moins dans une problématique même si son paradigme est une interrogation sur le genre. Cela confère à la biographie sa forme peu orthodoxe : pas d’introduction qui orienterait sa lecture. La volonté que le lecteur parte à la découverte de cette vie sans préjugé, soit engagé dans un suspense.

    Pour terminer, Nicole Cadène s’interroge sur sa place dans cette biographie, adoptant une position d’écoute, se plaçant entre parenthèses, bannissant toute position de surplomb, mais s’utilisant elle-même comme outil pour comprendre Marie-Edmée, « faire résonner ses paroles en moi » dit-elle…

    Engagement assumé, ensuite, pour notre plus grand plaisir, car elle nous fait découvrir avec un goût non dissimulé un grand écrivain.

    Troisième ouvrage mis à l’honneur, ouvrage du GeFeM sur La place des femmes dans la Cité,également paru aux Presses universitaires de Provence, dans la collection «  Penser le genre », en 2012. Martine lapied, coordinatrice de l’ouvrage avec Geneviève Dermenjian, Karine Lambert et Jacques Guilhaumou, en fait la présentation.

    Cette dernière publication est issue d’une réflexion qui prolonge les travaux initiaux du GRFM sur les phénomènes de Visibilité/Invisibilité des femmes. Des étapes de ces travaux étaient déjà parues, en 1996, dans Femmes et politique en Provence (XVIIIe-XXe), et en 1997, dans le Forum et le Harem. Plusieurs voies avaient été explorées en fonction de la réflexion programmatique élaborée alors que nous avions présentée dans l’introduction de l’ouvrage Femmes entre ombre et lumière en 2000.

    Les questions posées dans le cadre méditerranéen sur la place des femmes dans la Cité, l’évolution de leurs conditions et les possibilités d’épanouissement d’une créativité féminine ont ensuite été menées au sein du groupe Femmes, pouvoirs, créativités de l’UMR TELEMME. Séminaires du groupe, ateliers dans le cadre d’un réseau euro-méditerranéen RAMSES2, journées d’études, ont nourri la réflexion personnelle des auteurs. La première phase des travaux issus de RAMSES est parue dans l’ouvrage sur le pouvoir maternel en Méditerranée, en 2008, mais le groupe a voulu prolonger ses interrogations.

    Ici, un des objectifs était d’opérer une véritable mise en visibilité des femmes dans la Cité, c'est-à-dire dans le champ du politique, du religieux, du culturel, de l’action sociale, du travail… Il s’agit de dépasser la dichotomie classique révélée par les sources traditionnelles du discours masculin. Ce dernier oppose une femme, éternelle mineure, cloîtrée dans l’espace domestique et soumise au pouvoir arbitraire du masculin ayant toute autorité dans l’espace public de la cité, et une femme rebelle. Les auteurs ont voulu appréhender dans une approche historique et culturelle, d’une rive à l’autre de la Méditerranée, les modalités d’actions, les manières d’agir, de penser, de sentir utilisées par les femmes afin de franchir l’invisible frontière, d’accéder aux pouvoirs et d’occuper les lieux stratégiques de la Cité. Dés lors s’offrent au regard du chercheur une sociabilité pétrie de tensions et de tentatives d’apaisement, une pratique et un usage complexe de l’espace de la cité.

    C’est à un parcours d’éclairages dans différents espaces chronologiques géographiques que nous invite cet ouvrage sur :

    • La place des femmes dans la famille et dans la sphère politique
    • La place des femmes dans les domaines économiques et sociaux. Un regard particulier a été porté sur des itinéraires féminins à Marseille. Ainsi, ont pu être étudiés les actions et les engagements de femmes pour la ville dans un lien étroit avec la tradition civique des Cités. La fabrique de la ville, dans ses dimensions tant monumentale que sociale et politique, laisse entrevoir des interventions de femmes auxquelles on n’a pas toujours prêté attention et qu’il s’agit de rendre visibles, ainsi que les conséquences des rapports sociaux de sexe sur cette créativité féminine qui peut s’exercer dans différents champs de la société. 
    • Un deuxième axe de réflexion a mobilisé les travaux du groupe sur la créativité féminine. Des pouvoirs émanent des femmes elles-mêmes et se traduisent par une création « pure » : invention, innovation, initiatives, possibilités, stratégies, ruses, résistances, contournement, négociations, contre-pouvoir, autonomie, subversion du pouvoir masculin sont alors analysés. Les pouvoirs et la créativité des femmes s’exercent jour après jour dans des sociétés régies par de hommes. Ceci se traduit par une invisibilité sociale importante voire dominante, même quand les femmes ont un réel pouvoir d’action dans l’espace public, par exemple sous la forme du travail. 

    Les femmes peuvent obtenir un statut, ou au moins une place, dans l’espace public et dans l’espace privé qui les sort partiellement et momentanément de l’invisibilité faisant bouger les espaces sociaux et leurs frontières. De nouveaux champs de négociation et de rencontres émergent. Dans ces espaces, la séparation et la non-communication font partiellement et momentanément place à l’échange et à la complémentarité. Ainsi les femmes tissent-elles du lien social entre les sexes et montrent-elles que l’ordre établi peut changer au profit des femmes. Au point qu’aujourd’hui, certains peuvent parler d’une prédominance des femmes dans le secteur social qui soumettrait les valeurs de la sphère publique à celles de la sphère privée.

    Pour citer ce compte rendu

    Caroline Rimbault-Minot, « Actualité éditoriale du GeFeM ». Compte rendu, Séminaire : Actualité éditoriale de GeFeM du 17 January 2013 , consulté le Wednesday, April 08, 2020. URL : http://telemme.mmsh.univ-aix.fr/edition/37891/0