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    Genre et marginalités : regards croisés , Journée d'études

    Caroline Rimbault-Minot | 20.03.13
    genre | normes | transgression

    Cette journée d’étude s’inscrit dans le 1er axe de réflexion (Marginalités, conflictualités, criminalités) de notre projet quadriennal (cf. titre supra), dont nous souhaitons, en introduction, rappeler brièvement la teneur.

    L’analyse sociologique ou historique a montré comment les bouleversements vécus par des sociétés données font évoluer voire redéfinissent les liens sociaux. L’étude des marginalités permet quant à elle de repérer les limites et les failles des systèmes normatifs. Celles-ci offrent – différemment selon les sexes – la possibilité de contourner le carcan des règles instituées et produisent des figures féminines que l’on retrouve avec une certaine constance sur le temps long : femmes divorcées, adultères, prostituées (qu’évoquera tout à l’heure Prune de Montvalon à travers l’analyse des différents passages de frontières effectuées par des prostituées étrangères), filles-mères, brigandes, émeutières, contrebandières, vagabondes, mais aussi artistes, créatrices en général, militantes féministes… Ces profils incarnés de la transgression n’en sont pas moins aussi, bien souvent, des « figures de la norme » si l’on tient compte des interactions avec l’entourage et des solidarités en jeu. De ce fait, la norme nécessite une attention renouvelée qui ne se contente pas de la définir comme opprimante, mais qui prenne aussi en compte son utilisation dans les trajectoires et les réalisations des unes et des autres. Nous nous attachons ainsi à comprendre la combinaison de différents registres de normes. Par le biais d’une approche microsociologique, nous nous intéressons en particulier aux ressources mobilisées par les femmes pour s’imposer sur les scènes économique, politique ou sociale en l’absence de droits reconnus, les résistances auxquelles elles se heurtent et leur manière de négocier avec les institutions (au sens large) et les normes de genre qui les cantonnent dans des sphères restreintes – telles que ces zones « muettes » ou « blanches » qu’analysera Françoise Bianco à propos de la prise de parole des femmes dans l’espace public. Ici sont par conséquent questionnées les interactions entre le droit, les cultures et les pratiques transgressives avec un intérêt tout particulier porté aux contraintes, aux conventions et aux « règles du jeu » qui encadrent les actions des hommes et des femmes. Quelles sont les lois et les normes qui font sens pour les acteurs (qu’ils s’y conforment ou cherchent à y échapper) ? Quelles sont au contraire celles pour lesquelles toute répression de la transgression leur paraît illégitime ? Pour une époque donnée, les normes s’imposent-elles de manière variable selon les générations ? L'objectif n'est pas seulement de proposer une description de formes transgressives liées au genre mais bien plutôt d'interroger ce qui est conçu par les individus et les groupes comme des transgressions des normes de genre et d'explorer parallèlement comment ces transgressions sont produites, négociées et vécues individuellement et collectivement.Les pratiques transgressives ou marginales et les discours qui les qualifient sont de la sorte abordés en posant la question des trajectoires personnelles, des parcours, des mobiles, de l'inscription de ces pratiques dans des stratégies occasionnelles ou durables. Dans le cas des femmes sionistes qu’étudie Vincent Vilmain, le choix d’opérer « dans les marges » du mouvement semble relever au moins autant d’une stratégie d’autonomisation que d’une intériorisation des stéréotypes masculins sur la place des femmes en politique. Dans cette perspective, il est utile d'interroger les reconfigurations des normes de genre éventuellement induites par ces pratiques individuelles transgressives. D'une part, comment ces pratiques participent-elles éventuellement à l'élaboration, à la négociation, à la reformulation des normes de genre ? De l’autre, comment contribuent-elles à la recréation de nouveaux rapports à la norme pour l'ensemble des acteurs sociaux ?Nous nous proposons de travailler sur les écarts entre les normes et les pratiques mais aussi sur la mise en œuvre, plus difficile à cerner, de conventions tacites relevant de l’infra-institutionnel et sur les rapports entre pratiques transgressives et institutionnalité (par exemple en interrogeant le concept de déviance et les définitions changeantes des notions de crime économique, crimes d’honneur, crimes sexuels). Dans cette optique, nous tentons de détecter les passages et gradations possibles entre le monde du licite et celui de l’illicite. Nous questionnons le rapport aux normes des individus en prenant en compte les espaces de transmission (ou de socialisation), de consolidation voire de contestation de ces mêmes normes, à savoir les familles mais aussi d’autres échelles et espaces de fabrication des individus tels que la ville, l’école, le travail, le cinéma par exemple. Ces espaces sociaux pourvoyeurs d’opportunités et de représentations où s’enchevêtrent quotidiennement différents univers de références mettent à mal les normes dominantes, notamment celles qui régissent les rôles sociaux de sexe et les rapports de genre. Dans ce contexte, les féminités et les masculinités se maintiennent ou se modifient sur fond de tensions et de conflits quotidiens. Nous nous attachons ainsi à interroger la manière dont les pratiques transgressives contribuent à la production d’espaces sociaux spécifiques. Enfin, nous questionnons le traitement par la postérité des pratiques transgressives entre banalisation, condamnation, occultation  et valorisation.Notre projet, qui se veut à la fois comparatiste et pluridisciplinaire, explore sur le temps long (XVIe-XXIe siècles) différents espaces de l’aire euro-méditerranéenne. Dans le cadre de cette journée d’études, nous avons voulu croiser, sur le thème du genre et des marginalités, le regard de jeunes chercheurs (en histoire, socio-anthropologie, sciences et technologie de l’information), de chercheurs confirmés  et de praticien(ne)s, acteurs et actrices de terrain. 

    Pour citer ce compte rendu

    Caroline Rimbault-Minot, « Genre et marginalités : regards croisés ». Compte rendu, Journée d'études : Genre et marginalités : regards croisés du 20 mars 2013 , consulté le samedi 19 août 2017. URL : http://telemme.mmsh.univ-aix.fr/edition/35843/0