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  • Espagne, Mexique : de l'impact des crises
  • Espagne, Mexique. De l'impact des crises [Compte rendu]

    Espagne, Mexique : de l'impact des crises , Journée d'études

    Severiano Rojo Hernandez | 04.12.15
    Crise | Espagne | Mexique

    Lorsque l’on travaille sur un objet aussi vaste que la crise, il s’avère indispensable d’essayer d’en définir les contours afin de mieux comprendre sa nature intrinsèque. La crise est par définition plurielle. C’est un objet protéiforme, au cœur des dynamiques de l’histoire et, tout particulièrement, à l’origine des principales ruptures orientant et définissant le devenir des sociétés humaines. Crise politique, crise économique, crise sociale,  etc., l’étiquetage divers et varié à partir duquel se décline la notion de crise souligne la nature de cet objet. Néanmoins, cette terminologie témoigne aussi de notre rapport à la crise, de notre besoin de la nommer, de la définir plus précisément, afin de la naturaliser et d’en maitriser les conséquences. En nommant et en cataloguant la crise, nous prétendons certes rompre avec la plasticité de cet objet, mais également circonscrire son action à un secteur, à un domaine précis, comme si le reste de la société n’était pas concerné par le phénomène. Pourtant, quel que soit le type de crise, son impact est multiple et les crises se répercutent à des degrés divers sur l’ensemble des structures et des groupes autour desquels s’articulent les sociétés. La crise environnementale à laquelle nous sommes confrontés en est l’illustration parfaite et, en ce sens, elle devrait nous inciter à revoir notre approche des crises et à établir une réflexion sur la nécessité impérieuse qui nous conduit à les catégoriser. Les crises, de fait, sont globales, même s’il est communément admis que dans un même espace peuvent coexister des zones et des secteurs d’activité où les crises se manifestent avec plus ou moins de violence, et des territoires ainsi que des milieux où elles n’ont aucun impact. Cette perception éclatée des crises doit être interrogée, d’autant que leurs conséquences sont difficiles à évaluer et ne sont mesurables, parfois, que sur la longue durée. La notion de crise doit être appréhendée de façon différente. Un changement de focale s’impose. Il faut rompre avec le morcellement traditionnel et envisager la notion de crise en fonction d’éléments tels que l’action qu’elle exerce sur l’environnement propre à chaque société ou sa capacité à modifier durablement et en profondeur les mentalités et les pratiques sociales. Enfin, comme le signalait il y a quelques années Robert Ilbert, fondateur de la MMSH, il faut aussi essayer de comprendre pourquoi les crises sont difficilement envisageables sans que ne se pose de facto la question de la sortie des crises. Ne peut-on imaginer que la crise soit la règle et l’absence de crise l’exception ? Ne peut-on, dans nos analyses, poser comme postulat l’existence d’un état de crise permanent, dont le degré d’intensité rythmerait les cycles économiques, politiques et, au-delà, le fonctionnement de l’ensemble des composantes d’une société ? C’est à travers ce type de questionnements que nous parviendrons à mieux comprendre ces phénomènes que Fernand Braudel décrivait comme des « houles violentes », soit comme l’un des paradigmes constitutif de l’histoire des hommes.

    Consacrée au temps présent et à la façon dont les sociétés espagnole et mexicaine s'adaptent aux bouleversements auxquels elles sont confrontées depuis plusieurs années,  cette journée d’étude s’est inscrite dans cette réflexion, en essayant de mieux appréhender les effets « de bascule » qu’entraînent les crises et, donc, en les analysant à travers leur impact sur les comportements et les pratiques des unités qui structurent une société, soit les institutions, les groupes organisés et les individus. Le choix de l'Espagne et du Mexique s'explique par le fait que ces deux sociétés sont confrontées à des crises particulièrement graves, des crises certes différentes par leur chronologie et leurs origines  (Espagne/crise de 2008 ; Mexique/crise années 1990 - années 2000) mais qui se traduisent actuellement par des phénomènes à bien des égards similaires comme, par exemple, la paupérisation de pans entiers de la société, l'accroissement de la corruption et l'émergence de mouvements proposant de nouvelles pratiques politiques et sociales ainsi qu'une refondation de l'Etat. Rappelons simplement que, même si le Mexique est officiellement la onzième économie mondiale, 46 % de sa population vit sous le seuil de pauvreté (quasiment un Mexicain sur deux), pourcentage qui s’est accru au cours de ces deux dernières années. Quant à la violence liée au trafic de drogue, elle continue de provoquer des centaines de morts et elle accroît considérablement les tensions entre les autorités et une partie importante de la population civile. En ce qui concerne l’Espagne, malgré une croissance qui atteint 3% en 2015, le pays compte officiellement 21% de chômeurs et près d’un quart des Espagnols vit sous le seuil de pauvreté. Enfin, plus de 1000 politiciens, toutes tendances politiques confondues, sont poursuivis par la justice pour des affaires de corruption. Ces deux exemples, dès lors, nous ont permis de mieux comprendre ces objets protéiformes que constituent les crises et d'étudier leurs conséquences dans leur diversité et leur complexité. Pour cela, les quatre intervenants (Mmes Virginie Baby Collin, Anna Perraudin, Julie Métais et M. Beltrán Roca Martínez) ont abordé des questions essentielles telles que l’immigration, la contestation sociale et le fonctionnement de l’Etat dans un contexte de crise majeure. Leurs interventions nous ont aidé à mieux saisir jusqu’à quel point la situation que traversent ces deux pays est symptomatique de bouleversements ayant lieu à des échelles beaucoup plus vastes. La rencontre, en définitive, a été une invitation à inscrire la recherche sur la notion de crise dans une démarche comparatiste, démarche qui nous a conduit à analyser le cas de deux sociétés emblématiques, situées l’une sur le pourtour méditerranéen et l'autre en Amérique du Nord, soit deux aires géographiques au cœur des principales crises du monde contemporain.

    Pour citer ce compte rendu

    Severiano Rojo Hernandez, « Espagne, Mexique. De l'impact des crises ». Compte rendu, Journée d'études : Espagne, Mexique : de l'impact des crises du 04 December 2015 , consulté le Wednesday, December 11, 2019. URL : http://telemme.mmsh.univ-aix.fr/edition/112643/0