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    La construction de l'autorité aux époques médiévale et moderne , Journée d'études

    Théa Picquet (CAER/Telemme AMU-CNRS) | 07.11.14
    Italie | Pensée politique | Renaissance | Utopie

    L’exercice de l’autorité

    Tommaso Campanella (1568-1639), La Cité du Soleil, 1602.

    Résumé

    La Cité du Soleil est conçue comme un dialogue entre un grand maître des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, plus connu comme Ordre de Malte, représentant du Vieux Monde, et un amiral Génois, capitaine de Christophe Colomb, qui vient de faire le tour de la terre et symbolise le Nouveau Monde. Celui-ci propose le récit des merveilles qu’il a pu admirer alors que le rôle de son interlocuteur se limite à poser des questions. L’ouvrage s’articule en sept moments : la description de la ville, le gouvernement, la génération et la communauté des biens, la guerre, l’hygiène, la politique et la religion.

    Tommaso Campanella propose ici le modèle d’une République idéale, où l’autorité s’exerce à tous les niveaux et où l’homme occupe une place particulière dans la Cité. 

    Mots-clés

    Renaissance, Italie, Pensée politique, Utopie.

    *       *       *

     « Dans la Città del Sole […] Campanella allie harmonieusement son goût de l’ordre  et de la tradition et son sens de la réforme idéologique, en proposant un comportement social anthropocentrique fondé sur la raison et sur l’application des lois, mais foisonnant d’initiatives hardies et d’intuitions annonciatrices des temps nouveaux. L’utopie ainsi conçue est en quelque sorte la science-fiction de jadis, avec tout ce que le mot peut impliquer aujourd’hui même d’engagement social, politique, scientifique et philosophique derrière le masque de l’invention » écrit Christian Bec.[1]

    Notre propos concerne justement le  traité de Tommaso Campanella : La Città del Sole (La Cité du Soleil).[2]

    Aussi, après avoir rappelé quelques éléments de la biographie de l’auteur,     précisé les conditions d’écriture de l’ouvrage et sa structure, notre objectif est de  préciser comment l’autorité  s’exerce sur la cité  pour établir quelle place  est réservée à l’homme. Pour ce faire, nous étudierons la notion d’autorité en précisant où elle s’exerce, par qui elle est exercée,  sur qui et comment et en déduirons l’idée que le penseur se fait de la condition humaine.

    La vie de Tommaso Campanella (1568-1639) se caractérise par de profonds bouleversements.[3]

    Giovan Domenico Campanella  naît le 5 septembre 1568 dans une humble famille de Stilo, petite bourgade calabraise située sur le Monte Consolino,  face à la mer Ionienne. Son père, savetier, est analphabète. L’enfant grandit dans une région exploitée par la politique économique du régime espagnol, dans un climat où règnent violence et injustice sociale. D’une intelligence « vive » et « fulgurante »[4], il fréquente l’école en cachette. A l’âge de treize ans, conquis par les prédications d’un moine de l’ordre de saint Dominique, il revêt la bure sous le nom de Tommaso. Il lui est permis alors d’étudier la théologie, les sciences et la philosophie dans différents couvents de Calabre. Il s’intéresse aussi aux livres de médecine, d’astronomie et de magie. A vingt ans, il est envoyé à Cosenza où il découvre le De rerum natura de Telesio, dont la philosophie naturaliste le séduit. Ce sera le début de ses mésaventures. Il est transféré dans la solitude d’un petit couvent d’Altomonte, puis il quitte la Calabre pour Naples en 1589, où il étudie la magie hermétique. A la suite de la publication de la Philosophie sensibus demostrata (1591), inspirée de Telesio, l’ordre le condamne à abjurer et à rentrer dans sa région. Il choisit alors de se réfugier à Florence, où il bénéficie de la protection du grand duc Ferdinand 1er de Médicis, puis à Bologne et à Padoue. Il y fréquente les coperniciens qui avaient prêté une oreille attentive à Giordano Bruno. Une première arrestation, due à l’Inquisition, le conduit à Rome (1594), où il est arrêté et torturé. Libéré en 1599, il revient dans sa ville natale. C’est là qu’il ourdit un complot contre la domination espagnole dans le but d’instaurer une république régie justement selon les principes de La Cité du Soleil. Sur dénonciation, il est jugé pour hérésie et sédition et n’échappe à une mort certaine qu’en feignant la folie. Mais il est condamné à perpétuité et incarcéré dans les prisons de Naples. En 1626, il est relaxé grâce à l’intervention de certains moines dominicains, puis enfermé à nouveau, à Rome cette fois. Enfin, en 1629, après vingt-sept ans de captivité, il doit sa libération au pape Urbain VIII, curieux de magie et d’astrologie. Cependant, le soutien pontifical lui fait rapidement défaut, peut-être à cause de la pression de l’Espagne, sans doute pour le soutien que Campanella porte à Galilée (1633), certainement en raison de la conjuration tramée à Naples par un disciple du nôtre, Tommaso Pignatelli (1634). Campanella rejoint alors la France de Louis XIII et de Richelieu, où une pension lui est octroyée. Il y est accueilli par des érudits tels que Gassendi ou Mersenne et s’emploie à faire publier ses œuvres. Enfin, après avoir chanté dans ses vers l’arrivée du dauphin[5], le futur Louis XIV, il s’éteint à Paris, le 21 mai 1639, dans le couvent dominicain  de la Rue Saint-Honoré, entouré par ses frères.[6]

    C’est en prison qu’il compose la plupart de ses œuvres, notamment les dix-huit livres de la Métaphysique[7], les trente de la Théologie[8], les Aphorismes politiques[9], l’Atheismus Triumphatus[10], la Monarchie d’Espagne[11], ou encore ses poésies.

    Celle qui nous intéresse aujourd’hui, La Cité du Soleil, a pour titre original La Città del Sole - Dialogo di Repubblica nel quale si dimonstra l’idea di riforma della Repubblica cristiana conforme alla promessa da Dio fatta alle Sante Caterina e Brigida. Elle est écrite en italien au cours de l’année 1602, alors que l’auteur est détenu au Castel Nuovo de Naples. En 1611, le texte est augmenté de quelques adjonctions. Sur les encouragements de Tobias Adami, il traduit en latin une partie de ses œuvres pour les diffuser en Allemagne. Ainsi, la Civitas Solis idea reipublicae philosophica est imprimée pour la première fois en 1623 à Francfort avec l’ensemble de la Philosophia realis. Une autre édition de cette dernière paraît à Paris en 1637, sous la surveillance de Campanella cette fois. En Italie, le texte original est oublié.  En 1836, Giovan Battista Passerini, transpose la Civitas Solis dans sa langue d’origine et la publie à Lugano. Suivent de nombreuses rééditions infidèles et plusieurs traductions, en France, Angleterre, Allemagne et même en Russie. Ce n’est qu’en 1904 qu’Edmondo Solmi édite le texte italien, à Modène. Luigi Firpo ajoute qu’il faut attendre 1941 pour que   Norberto Bobbio en propose « une transcription sérieuse. »[12] .

     La structure est celle d’un dialogue entre un grand maître des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, plus connu comme Ordre de Malte, représentant du Vieux Monde, et un amiral Génois, capitaine de Christophe Colomb, qui vient de faire le tour de la terre et symbolise le Nouveau Monde. Celui-ci propose le récit des merveilles qu’il a pu  admirer alors que le rôle de son interlocuteur se limite à poser des questions. L’ouvrage s’articule en sept moments : la description de la ville, le gouvernement, la génération et la communauté des biens, la guerre, l’hygiène, la politique et la religion.

     Le décor est planté dès le début du dialogue.

    La cité idéale porte un nom significatif : la Cité du Soleil. Les critiques ont beaucoup commenté ce choix de l’astre, source de lumière et de chaleur.[13] 

    La situation géographique est bien précisée. Dès le début du dialogue, le Génois raconte son arrivée à Taprobane[14]. Cette île, déjà décrite par Ptolémée, était identifiée au XVIe siècle avec Ceylan. Giovanni Botero y fait d’ailleurs allusion dans ses Relazioni universali[15]. Et, comme ce dernier, Campanella commet une erreur de géographie en situant l’île non pas au Nord, mais « exactement sous l’équateur ». [16] 

    Quoi qu’il en soit, c’est le lieu où s’exerce l’autorité.

    La Cité bénéficie d’un site privilégié,[17] protégé par la nature, inexpugnable par voie maritime et par voie terrestre. Elle se dresse sur une vaste étendue au sommet d’une colline. Elle est composée de sept cercles du nom des sept planètes et l’accès de l’un à l’autre se fait par quatre routes et par quatre portes, orientées selon les quatre points cardinaux, tout comme chez les architectes de la Renaissance tels que Filarete ou Alberti, alors que chez Anton Francesco Doni, le plan de la cité est en étoile.[18] Les façades extérieures sont fortifiées et sans fenêtres, alors que les façades intérieures sont ouvertes à l’air et à la lumière et destinées aux laboratoires, aux magasins, aux cuisines, buanderies, réfectoires et dortoirs. D’étage en étage on arrive à la dernière enceinte, par des escaliers qui rendent la montée insensible. Au sommet de la colline, se déploie une spacieuse esplanade, au cœur de laquelle se dresse un temple monumental parfaitement circulaire qui repose sur d’imposantes colonnes. Une grande coupole est surmontée d’une autre plus petite, percée par un soupirail qui donne sur l’unique autel situé au centre de l’édifice. Sept lampes brûlent en continuité. La cavité de la coupole montre les grandes étoiles et  au-dessus flotte une banderole qui indique  la direction des vents.[19]

    La Cité à l’architecture très détaillée est gouvernée par un régime d’une grande rigueur. Comme Platon, Campanella souhaite que l’autorité soit aux mains des philosophes. Les magistrats proviennent du peuple et suivent l’accession aux charges selon le modèle des corporations du Moyen Age. Au plus haut sommet de l’Etat siège un prêtre souverain, appelé « Soleil » ou « le Métaphysicien », qui détient le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel. Il possède le savoir le plus vaste et le plus synthétique, il est le philosophe par excellence, il contemple les choses secrètes de l’univers et guide ses frères sur la voie du bonheur terrestre. Il est assisté par un triumvirat, reflet laïque de la Trinité. Ces trois hauts dignitaires se nomment « Pon », « Sin » et « Mor », c’est-à-dire respectivement « Puissance », « Sapience » et « Amour »[20]. Leur rôle est clairement spécifié. « Puissance » a autorité sur la guerre,   la paix,   l’art militaire. « Sapience » est responsable de toutes les sciences, des docteurs, des magistrats gouvernant les arts libéraux et mécaniques ; il dirige autant d’officiers qu’il y a de disciplines : l’astrologue, le  cosmographe, le logicien, le rhéteur, le grammairien, le médecin, le physicien, le politique, le moraliste. Il détient un livre unique, où sont contenues toutes les sciences et qu’il fait lire au peuple entier. « Sapience » a fait peindre toutes les sciences sur les façades intérieures et extérieures des murailles et des balcons. Ainsi, à l’intérieur du premier cercle sont dessinées toutes les figures mathématiques avec leurs proportions, à l’extérieur sont peintes la carte du monde, les planches de toutes les provinces avec leurs us et coutumes et leurs lois ; à l’intérieur du deuxième cercle se trouvent toutes les pierres, précieuses ou non, les minéraux avec deux vers d’explication pour chacun ; à l’extérieur, toutes les sortes de lacs, de mers et de cours d’eau, de vins, d’huiles et d’autres liqueurs, accompagnés de leurs vertus, origines et qualités. A l’intérieur du troisième cercle sont représentées toutes les sortes d’herbes et d’arbres du monde, leurs vertus, leur analogie avec les étoiles, les métaux et les membres du corps humain, leur usage en médecine ; à l’extérieur figurent tous les poissons, leurs caractères, leur mode de vie, leur usage, les analogies avec le monde terrestre et céleste. Le quatrième cercle figure, à l’intérieur, les oiseaux avec leurs caractères, leur taille, leurs mœurs, à l’extérieur les reptiles : serpents, dragons ( !), vermine, insectes variés avec des informations sur leurs venins et sur leurs propriétés.  L’intérieur et  l’extérieur du cinquième cercle sont dédiés aux très nombreux mammifères terrestres. Le sixième cercle enfin montre, à l’intérieur, tous les métiers, leurs inventeurs respectifs et les différentes techniques, l’extérieur est réservé aux inventeurs des lois, des sciences et des armes.

    « Amour » a autorité sur  la vie physiologique et le bien-être matériel : la génération, l’éducation, l’alimentation, l’agriculture, la médecine, tout ce qui touche à la nourriture, l’habillement, l’accouplement. Il est secondé par un grand nombre de maîtres et de maîtresses.

    Le gouvernement de la Cité est soutenu  par des Conseils, dont les membres ont plus de vingt ans, se réunissent régulièrement et font le point sur ce qui pourrait être amélioré dans la Cité, sur qui est bon ou mauvais officier[21].

    La Justice repose sur un nombre limité de lois, inscrites sur une table de cuivre à l’entrée du temple ; elles expriment la quiddité des choses : Dieu, l’ange, le monde, l’étoile, l’homme et la définition des vertus. C’est le lieu où siègent les juges[22]. Les récompenses et les châtiments ponctuent la vie de la Cité. Ainsi, les fautes dues à la faiblesse ou à l’ignorance sont châtiées par de simples reproches ; si le coupable avoue avant d’être accusé et fait amende honorable, il est déclaré innocent ; s’il y a voie de fait, s’applique la loi du talion et les peines encourues vont du fouet à l’exil, en passant par le blâme, jusqu’à la peine de mort s’il y a homicide avec préméditation. La mise à mort exige la participation du peuple entier car il n’y a pas de bourreau dans la Cité du Soleil. Deux possibilités lui sont offertes : la lapidation ou la crémation, si le condamné choisit la poudre explosive pour bénéficier d’une mort rapide. Il approuve lui-même la sentence, conscient de la mériter. Cependant, son exécution s’accompagne des pleurs et des lamentations de l’assemblée, contrainte d’avoir dû retrancher un membre gâté du corps de l’Etat. Au contraire, les hauts faits sont honorés. Des surnoms glorieux sont décernés par les officiers, avec des couronnes et des guirlandes, des applaudissements et grand renfort de musique.[23] Les vivants voient leur nom figurer dans le livre des héros, alors que les peintures et les sculptures honorent les héros disparus[24].

    En fait, la guerre existe bien dans ce monde utopique et tous y prennent part : hommes, femmes et enfants de plus de douze ans. La guerre est juste si elle se fait contre la déprédation, contre les outrages, pour aider des amis persécutés ou une ville opprimée par la tyrannie. Il est légitime de frapper « un ennemi  rebelle à la raison »[25]. Dans ce cas aussi, tout est organisé et pris en charge par la Cité.

    En somme, le gouvernement de la Cité du Soleil, la Justice sont au service du bien-être de la communauté, à celui de l’humanité. 

    Un principe essentiel est l’abolition de la propriété et de la famille. Tout appartient à tous, ainsi chacun est riche car il possède tout, mais il est  pauvre aussi car il utilise les choses sans se soumettre à elles[26]. Tous les citoyens vivent dans une communauté unique qui s’identifie à l’Etat. Les priorités y sont de deux ordres : la génération et l’éducation[27].

    Pour ce qui est de la génération, les Solariens se moquent de nous, note le Génois[28], qui portons des soins à l’élevage des chiens et des chevaux et négligeons notre race. Chez eux, la procréation est dirigée par l’Etat[29]. L’âge minimum  est fixé : dix-neuf ans pour les filles, vingt-et-un pour les garçons. Auparavant, les jeunes hommes sont autorisés à avoir des relations sexuelles avec des femmes stériles ou enceintes, mais non sans en voir fait la demande, en secret tout de même, aux matrones et aux anciens de la communauté, qui en réfèrent au maître supérieur, grand médecin aux ordres d’ « Amour ». La sodomie est blâmée et châtiée : la première fois, le coupable est condamné à  porter un soulier attaché à la nuque pour avoir inverti l’ordre de la nature ; la deuxième fois il encourt la peine capitale. Toutefois, celui qui observe une continence parfaite jusqu’à vingt-et-un ans voit son mérite reconnu et célébré dans des chansons.

    Garçons et filles luttent entièrement nus, comme chez les Grecs anciens. Les maîtres voient ainsi qui est impuissant et quelles constitutions s’appellent. L’organisation des ébats est programmée de manière à tempérer les excès. L’eugénisme est de règle. Après force ablutions, les jeunes gens font l’amour tous les trois soirs, les grandes et belles filles avec des hommes grands et intelligents, les grasses avec les maigres, les maigrelettes avec les gras. Les couples sont désignés par les maîtres et les maîtresses. Le lit est préparé par les enfants. Après la digestion et la prière, les jeunes gens se mettent à la fenêtre et demandent à Dieu de leur donner une belle descendance, mais ils dorment dans deux cellules séparées jusqu’à l’heure déterminée par l’astrologue et le médecin. Le cas des officiers et des savants est particulièrement étudié. Chez eux, « l’esprit animal » est faible, compte tenu de leur vie de réflexion, et le pouvoir de leur cerveau ne se transmet pas car ils ont toujours quelque idée en tête ; c’est pourquoi leur descendance n’est pas belle. Pour remédier à cela, on leur donne des femmes vives, gaillardes et belles. Aux rêveurs et aux lunatiques, on réserve des femmes grasses, équilibrées et de bon caractère.

    Bref, tout l’effort se porte sur la génération et sur l’examen des qualités naturelles. Il en va de même pour les soins portés à l’enfant[30].

    Après l’accouchement, les femmes élèvent leur nouveau-né dans des salles communes et le nourrissent pendant deux ans ou plus si le physicien le décide. Lorsque l’enfant est sevré, il est confié à des maîtresses si c’est une fille, à des maîtres si c’est un garçon. Les enfants s’exercent à marcher, à courir, lutter, mais aussi à comprendre les fresques historiées. Les peu doués sont envoyés à la campagne et s’ils y réussissent bien on les fait revenir. Mais souvent, ajoute le narrateur, ils se ressemblent et montrent les mêmes qualités. L’harmonie entre les concitoyens est donc durablement assurée.

    C’est le Métaphysicien qui est responsable du nom donné à l’enfant. Comme chez les Romains, il correspond au caractère physique de l’individu : « Beau », « Gros-Nez » par exemple. Plus tard, un surnom peut être ajouté pour exalter  l’excellence dans un art ou dans une action militaire : « Grand Peintre », « Excellent », « Vigoureux », ou d’autres encore.

    Priorité est donnée aussi à la pédagogie.

    Les enfants étudient toutes les disciplines peintes sur les murs. De trois à sept ans, ils apprennent les langues et les lettres. Ils se déplacent en quatre groupes guidés par quatre vieillards, qui les font jouer et courir, nu-tête et pieds nus, visiter les ateliers, et  découvrent leurs inclinations. A sept ans, les enfants suivent les leçons d’histoire naturelle, toujours par groupes, tandis que les autres s’adonnent aux exercices physiques ou au service de la communauté. A dix ans, ils commencent l’étude des Mathématiques, de la Médecine et des autres sciences, toujours dans un climat de débats et d’émulation. Ceux qui se distinguent dans une science ou dans un métier deviennent officiers, car chaque discipline a son chef. Les enfants s’initient aussi aux travaux des champs et au pâturage et celui qui apprend le plus de métiers et les exerce le mieux jouit d’une grande considération.

    Bref, l’enfant n’est pas un être passif perdu dans les livres, « choses mortes », mais ancré dans la réalité. C’est une pédagogie dirigée, une pédagogie du concret. On apprend plus en une année chez eux qu’en dix-quinze ans chez nous, remarque le Génois[31].

    Le travail occupe une place de choix dans la Cité du Soleil. Il n’y a aucune discrimination : l’autorité distribue à tous les charges, les métiers, les efforts. Rien ne justifie l’oisiveté : le faible vieillard prodiguera ses conseils, le boiteux se servira de ses yeux pour monter la garde, l’aveugle cardera la laine et retirera le duvet des oiseaux pour fabriquer des matelas, celui qui est privé de ses mains sera utilisé ailleurs. Tous sont bien traités et personne ne dépasse les quatre heures de travail par jour[32]. Hommes et femmes s’adonnent aux mêmes « disciplines libérales et manuelles », même si les activités qui exigent de gros efforts physiques ou de grands déplacements sont assumées par les hommes,  et que les travaux sédentaires, comme tisser, coudre, couper barbe et cheveux, s’occuper de la pharmacie, sont dévolus aux femmes ; elles ont en outre  le droit de peindre si elles en sont capables et de jouer de la musique car, comme les enfants,  elles « y sont plus plaisantes »[33]. Elles préparent la nourriture, mais le  service est assuré par les jeunes hommes et les jeunes filles de moins de vingt ans.   Tous prennent part aux activités militaires, agricoles et pastorales et celui qui en sait le plus est considéré le plus noble[34]. Ceux qui exercent les métiers les plus durs et les plus utiles bénéficient de la plus grande réputation, comme les forgerons et les maçons. Le travail n’exténue pas l’individu mais assure sa conservation. L’agriculture est tenue en grande estime et les travaux des champs se font en musique, étendards déployés. Mais on ne défriche que ce qui est nécessaire, le reste est réservé au pâturage, « noble art » pour l’élevage des bovins, des ovins,  des équidés ou de la volaille. Et Campanella fait le parallèle avec les Géorgiques et les Bucoliques de Virgile. Cependant, tout comme l’horoscope révèle les inclinations innées de chacun, la magie et l’astrologie influent sur les travaux des champs.

    Par contre, l’autorité s’exerce aussi sur les activités commerciales, qui sont limitées. Les Solariens font venir des marchands pour écouler le superflu, non contre de l’argent, mais contre les marchandises qui leur manquent, même s’ils connaissent les valeurs monétaires et battent monnaie pour leurs ambassadeurs.

    Les loisirs sont tous aussi organisés[35]. En effet, les quatre heures de travail journalier laissent du temps pour apprendre, jouer, discuter, lire, enseigner ou marcher. Le tout dans la plus grande joie. Certains jeux cependant sont exclus d’autorité ;  comme dans I Libri della Famiglia de Leon Battista Alberti, ce sont ceux où l’on reste assis, tels les échecs, les dés, les cartes. D’autres sont privilégiés : la balle, le ballon, le disque, la lutte, le lancer du javelot, le tir à l’arc ou à l’arquebuse. Les fêtes agrémentent  la vie de la communauté, que ce soit les quatre grandes, fixées en fonction de la position du soleil en bélier, en cancer, en balance ou en capricorne, qui donnent lieu à de magnifiques spectacles bien ordonnés, les anniversaires de la fondation de la ville ou des victoires remportées sur les ennemis. Ces jours-là sont fériés et relevés de  réjouissances publiques : concours de chœurs féminins, de trompettes et de tambours, de salves d’artillerie, de louanges des plus braves par les poètes[36].

    En somme, tout est fait d’autorité pour le bien-être du citoyen. Et ceci, dans la vie quotidienne également.

    Dortoirs et réfectoires sont en commun, les femmes d’un côté, les hommes de l’autre. Mais tous les six mois, les maîtres décrètent dans quel cercle chacun logera[37]. La nourriture est simple mais abondante et variée, selon les principes de la diététique scientifique, écrit Luigi Firpo[38]. Les repas se composent d’un premier et d’un deuxième plat, en fonction du travail fourni. Ce sont les médecins qui indiquent aux cuisiniers quelle sorte de mets est préférable tel jour, ce qu’il convient de donner aux jeunes, aux vieux, aux malades, selon les saisons. Les personnes âgées mangent trois fois par jour, les enfants quatre fois et le reste de la communauté deux fois[39]. Les boissons sont aussi contrôlées. Elles ne sont pas rafraîchies dans la neige, selon la coutume napolitaine, ni chauffées, comme le font les Chinois. Le vin est interdit aux moins de dix-neuf ans, sauf exception ; hommes et femmes le coupent avec de l’eau ; seuls les vieillards de plus de cinquante ans le boivent pur[40]. L’ambiance est tout aussi importante : pas de bruit, mais de la musique ou une lecture et le beau spectacle de la jeunesse empressée qui assure le service[41].

    Les vêtements sont également règlementés. La couleur varie selon l’âge et le moment : multicolores pour les enfants, blancs le jour pour les adultes, rouges le soir ou à l’extérieur de la cité, mais surtout pas de noir, qui est pris en horreur. La qualité du tissu dépend de la saison. Campanella entre dans les moindres détails : sur la peau, une chemise de lin blanc, puis un vêtement qui tient lieu de pourpoint et de pantalons à la fois, des bas qui montent aussi haut que des bottes. Ils sont bien coupés et suivent les lignes du corps ; c’est le médecin et le Vestiaire (magistrat préposé à l’habillement) de chaque cercle qui les distribue en fonction de la taille et de la complexion de chacun[42]. Les coiffures sont tout autant règlementées : des cheveux longs, tressés ou noués au sommet de la tête et ornés de guirlandes pour les femmes, un toupet, un voile et une calotte pour les hommes[43].  Il n’est pas question pour les femmes de se farder ni de porter des talons : cette « aberration », qui s’explique par l’oisiveté, compromet leur constitution et celle de leurs enfants.[44]

    La Cité prend soin de la santé de ses habitants, qui peuvent se vanter d’une extraordinaire longévité : au moins cent ans, précise le Génois, cent-soixante-dix ans maximum, mais rarement deux cents ans[45]. Ils aiment la propreté et se lavent souvent, comme le leur ordonnent le maître et le médecin[46]. Ils se parfument, mâchent un peu de marjolaine, de persil ou de menthe et s’en frottent les mains, les vieillards utilisent l’encens. Ils se baignent et s’oignent comme les Anciens, chez qui ils trouvent les secrets de la santé, de la propreté et de l’énergie. Ils sont exempts des maladies comme la podagre, la sciatique, la tuberculose, l’asthme car ils se purgent de tous les vents et de toutes les humeurs. Ils ne souffrent pas non plus de maladies vénériennes car ils se lavent avec du vin et des huiles aromatiques. Par contre, ils sont vulnérables aux inflammations, aux toux sèches, aux fièvres, qu’ils savent soigner et Campanella de citer tous les remèdes utilisés[47]. Ils   sont particulièrement sujets à l’épilepsie, considérée alors comme le mal sacré et l’Hospitalier de citer les épileptiques célèbres : Mahomet, Duns Scot, et Callimaque, ce dernier sans doute par erreur[48].

    Ainsi, la vie quotidienne comme la vie de la Cité sont dans les mains de l’Etat, pour le bien collectif. Mais qu’en est-il de l’individu ?

    Tout est fait pour juguler les vices. La propriété, qui fait naître l’égoïsme, est abolie. Il n’y a ni pauvreté ni richesse dans la Cité du Soleil : la pauvreté   engendre l’avilissement, la ruse, le vol, la tromperie, le mensonge, le faux témoignage, le non respect des lois ; la richesse est source d’insolence, d’orgueil, de traîtrise, d’apathie, de science illusoire. L’être humain est donc exempt de ces défauts[49]. La famille n’existe pas non plus, les femmes comme les hommes appartiennent à la communauté. Donc, pas de viols, pas d’incestes, pas d’adultères et, s’il y en a  malgré tout, le coupable encourt le châtiment prévu[50]. L’orgueil est puni comme un délit, mais pratiquement impossible puisqu’aucune activité n’est humiliante et que tous  exercent les mêmes tâches à un moment de leur vie[51]. L’envie n’existe pas car ils ne s’intéressent pas aux biens matériels, chacun ayant ce qu’il lui faut[52]. La jalousie non plus, ni le dépit : chacun obtient exactement ce que son inclination lui fait désirer et les relations sexuelles sont considérées sous l’angle du bien collectif ; il n’y pas de laideur : grâce à l’exercice, les femmes acquièrent un teint coloré, un corps solide et élancé ; c’est dans la vigueur, la vivacité et la grandeur que la beauté est considérée[53].

    L’homme est donc exempt de passions. Et l’amour ? Le cas est prévu. Si un homme s’éprend d’une femme, il a le droit de lui parler, de lui écrire des poésies, de plaisanter avec elle, de lui offrir des fleurs, mais si la race est en cause ils ne sont pas autorisés à s’aimer physiquement, à moins qu’elle ne soit enceinte ou stérile. Mais souvent, continue le Génois, il n’y a pas d’autre amour chez eux qu’amitié et ils sont exempts des affres de la passion[54].

    Ainsi, l’être humain ne peut rien désirer d’autre. Son bonheur est planifié par la Cité.

    Se pose alors la question de la condition humaine, de la place de l’homme dans le monde.

    Dans la Cité du Soleil, l’être humain dépend tout d’abord de l’influence des astres et Campanella élabore de savantes explications à ce sujet[55]. Il entend récupérer l’intégralité du savoir humain : l’astrologie, l’occultisme, la médecine, les mathématiques, la cabale, la gnose. Il étudie la nature selon une « bonne magie », écrit Luigi Firpo[56], et recherche les secrets qui révèleront l’essence des choses. Pour lui, l’univers est un tout indivisible, où pierres, étoiles, animaux et plantes constituent un réseau de relations entretenues par des liens occultes, des correspondances, des influences réciproques.

    Cependant, Tommaso limite l’influence astrale, qui peut orienter et stimuler les actions humaines, mais non les déterminer[57]. Le savoir total, « prescience et providence », n’appartient qu’à Dieu, précise-t-il, à qui l’homme doit tout et dont il est l’instrument[58]. Ici, Tommaso Campanella allie philosophie et religion. Pour lui, il s’agit d’une religion naturelle  qui conduit au christianisme : l’homme est naturellement chrétien même s’il n’a pas reçu la révélation. Il n’y a pas d’Ecritures saintes, mais seulement le grand livre de Dieu. Le péché n’est qu’un manque de vouloir car celui qui peut et qui sait bien agir ne peut pas ne pas vouloir[59]. L’éthique de Campanella n’accepte pas l’existence du mal comme principe opposé au bien. Pour lui, le bien est la plénitude de l’être et tout manque d’être est un mal. Le péché n’a donc pas de cause efficiente (le mal) mais une cause déficiente (le défaut d’être). Tommaso croit en l’immortalité de l’âme qui, après la mort, va rencontrer les esprits des défunts, vertueux ou coupables, selon son mérite. Toutefois, il ne se prononce pas sur l’endroit où sont distribuées peines et récompenses, mais penche pour le ciel et les lieux souterrains[60].

    Les prêtres ont un rôle essentiel dans la Cité du Soleil. Ils chantent des psaumes à la louange de Dieu, purifient les consciences par la confession, mais observent également le mouvement des étoiles et déterminent ainsi l’heure propice à la génération comme les jours de semailles et de récoltes. Ils s’adonnent aussi à la recherche scientifique et c’est parmi eux qu’on accède au rang suprême de Métaphysicien. Ils sont enfin les médiateurs entre Dieu et l’homme[61].

    Se pose alors la question du libre-arbitre.  Et Campanella l’envisage à la fin du dialogue. Son argument est que, si en quarante heures de torture, l’homme est capable de ne pas dire ce qu’il a résolu de taire, les étoiles, qui exercent une influence lointaine, ne peuvent pas non plus le fléchir. De plus, elles agissent sur les sens et non sur la raison. Et de donner l’exemple de la même constellation pour Luther et pour Cortez, évoquant les vapeurs infectes du cadavre du premier et les délectables parfums de vertu du second. Il ajoute que l’hérésie est œuvre  des sens et les étoiles y poussent les êtres sensuels alors qu’elles conduisent les hommes de raison à la loi véritable[62].

    En somme, sous ce régime autoritaire, l’homme occupe une place primordiale dans l’univers comme dans la Cité et tout est fait pour qu’il soit vertueux et heureux.  Dans un certain sens, c’est donc une vision optimiste de l’humanité que donne Tommaso Campanella, non pas celle d’un homme parfait, mais celle d’un homme perfectible, grâce à l’autorité et au respect de la hiérarchie.   

     

     

    En conclusion, dans La Cité du Soleil, dans ce régime autoritaire, où tout est programmé et dirigé, l’homme est tout de même le centre du monde et il peut trouver le bonheur sur terre, mais c’est un homme de raison qui vit au service de la communauté, dans une société idéale, dépourvu cependant  d’originalité et d’initiative.  Pour Campanella, la Cité est faite pour l’homme et l’homme pour la Cité.

    Bien sûr, Tommaso évoque L’Utopie de Thomas More, mais d’autres intellectuels ses contemporains  ont proposé des modèles de républiques idéales, tels Anton Francesco Doni et son Monde sage, Monde fou, Francesco Patrizi et La Cité heureuse, Ludovico Agostini et La République imaginaire ou encore Ludovico Zucolo et Le « Belluzzi » ou la Cité heureuse, Le « Porto » ou la République d’Evandria. Comme notre auteur, ils ont agité la « clochette » (Campanella) pour « éveiller du sommeil de l’ignorance et de la morosité l’humanité passive »[63].

    Et nous laissons le mot de la fin à Adelin Fiorato, qui écrit :

    « Les utopistes nous irritent, les utopistes nous agacent, les utopistes nous dérangent. Leurs visions imaginaires et irrationnelles nous séduisent, mais semblent nous adresser des reproches : celui de ne plus savoir rêver à autre chose qu’à notre réalité quotidienne qui au fond, la part faite à la grogne compensatoire, est fort bien comme elle est, celui de ne plus savoir nous projeter vers le futur dans des projets humanistes, inventifs et globalisants. [64]»

     

    [1] Christian Bec, Précis de littérature italienne, Paris, PUF, 1982, pp. 202-203.

    [2] Edition de référence : Tommaso Campanella, La Città del Sole, a cura di Luigi Firpo, Nuova edizione a cura di Germana Ernst e Laura Salvetti Firpo, Roma-Bari, Laterza, 2011. L’édition française utilisée est La Cité du Soleil, Introduction, édition  et notes par Luigi Firpo, traduction française par Arnaud Tripet, Genève, Droz, 2000.

    Voir aussi : La Cité heureuse, l’utopie italienne de la Renaissance à l’Age baroque, sous la direction d’Adelin Fiorato, Paris, Quai Voltaire, 1992.

    [3] Constance Mercadante, « La Città del Sole » di Tommaso Campanella… non solo un’utopia , mémoire de Master 1 Recherche, soutenu sous ma direction en 2004 à l’Université de Provence,  121p.

    Constance Mercadante, Tommaso Campanella , de la « Monarchie d’Espagne »  à la « Monarchie de France », la quête de l’Unité Universelle   mémoire de Master 2 Recherche soutenu sous ma direction en 2005 à l’Université de Provence,  124 p.

    [4] La Cité du Soleil, traduction française par Arnaud Tripet, Genève, Droz, 2000, p. VII.

    [5] Tommaso Campanella, Egloga in nativitatem Delphini, dans Tutte le opere di Tommaso Campanella, a cura di Luigi Firpo, Milano, Mondadori, 1954, pp. 287-301.

    [6] Pour une biographie plus complète, voir Tommaso Campanella, Le Poesie, a cura di Francesco Giancotti, Milano, Bompiani, 2013, pp. XLVII-XCIII.

    [7] Tommaso Campanella, Metafisica, a cura di Giovanni di Napoli, Bologna, Zanichelli, 1968.

    Tommaso Campanella, Metafisica, édition originale, D. Langlois, 1638, reprint a cura di Luigi Firpo, Torino, Bottega d’Erasmo, 1961.

    [8]  De Ceremonialibus Jesu Christo observatis. Theologicorum liber XX, a cura di M. Muccillo, trad. Di R. Amerio, Roma, Cedam, 1993.

    [9] Tommaso Campanella, Aforismi politici, a cura di Luigi Firpo, Torino, Giappichelli, 1941.

    [10] Tommaso Campanella, Atheismus triumphatus, Parisiis, Tusanum Dubray, 1636.

    L’ateismo trionfato, ovvero Riconoscimento filosofico della religione universale contra l’anticristianesimo machiavellesco, par Germana Ernst, Pise, Ecole Normale supérieure, 2004.

    [11] Tommaso Campanella, Monarchie d’Espagne,  traduction de Serge Waldbaum et Nathalie Fabry, Paris, PUF, 1977.

    Pour une bibliographie complète, voir : La Città del Sole, a cura di Luigi Firpo, cit, pp. XLIII-XLVII.

    [12] La Cité du Soleil, traduction française cit., p. IL.

    13] Ibidem, note 4.

    [14] Edition de référence : La Cité du Soleil, trad. française cit, p. 1.

    [15] Giovanni Botero, Relazioni universali, Venezia, Agostino Angelieri, 1659, p. 200.

    [16] Edition de référence, p. 2

    [17] Ibidem, pp. 40-42.

    [18] Ibidem, pp. 3-4 note 6. Voir aussi p. XXXVIII : Luigi Firpo  observe d’autres influences : celle d’Hérodote et de la forteresse d’Ecbatane, de Botero et du temple mexicain Vitzilpuitzli, du château qui héberge les grands esprits dans les Limbes de la l’Enfer de Dante (Enfer IV, 106-107, 119)

    [19] Ibidem, pp. 5-6.

    [20] Ibidem, pp. 6-9.

    [21] Ibidem, p. 43.

    [22] Ibidem, p. 46.

    [23] Ibidem, pp. 23-24.

    [24] Ibidem, p. 49.

    [25] Ibidem, pp. 28-30. 

    [26] Ibidem, pp. 25-26.

    [27] Ibidem, p. 58.

    [28] Ibidem, pp. 9-10.

    [29] Ibidem, pp. 19-20.

    [30] Ibidem, pp. 22-23.

    [31] Ibidem, pp. 14-15.

    [32] Ibidem, pp. 25-27.

    [33] Ibidem, pp. 15-16.

    [34] Ibidem, pp. 34-37.

    [35] Ibidem, p. 25.

    [36] Ibidem, pp. 48-49.

    [37] Ibidem, p. 18.

    [38] Ibidem, p. XXXIII.

    [39] Ibidem, pp. 39-40.

    [40] Ibidem, pp. 40-42.

    [41] Ibidem, pp. 16-17.

    [42] Ibidem, pp. 17-18.

    [43] Ibidem, p. 48.

    [44] Ibidem, pp. 23-24.

    [45] Ibidem, p. 40.

    [46] Ibidem, pp. 17-18.

    [47]Ibidem, pp. 40-41. Et Campanella donne les remèdes avec précision. Contre les inflammations et la toux sèche : une bonne nourriture et des bains ; contre les fièvres phtisiques : des bains tièdes, des laitages, des séjours à la campagne ; contre la fièvre ardente : de l’eau fraîche ; contre la fièvre éphémère : des odeurs, des bouillons gras, du sommeil, des sons, de l’allégresse ; contre les fièvres tierces : des saignées, de la rhubarbe, des dépuratifs, des infusions d’herbes diurétiques et acétiques ; contre les fièvres quartes : la peur par surprise, des herbes ; contre les fièvres persistantes enfin : des herbes, l’invocation à Dieu et aux étoiles.

    [48] Ibidem, pp. 41-42.

    [49] Ibidem, pp. 25-26.

    [50] Ibidem, p. 12.

    [51] Ibidem, p. 24.

    [52] Idem.

    [53] Ibidem, p. 23.

    [54] Ibidem, pp. 52-54.

    [55] Ibidem, pp. 24.

    [56] Ibidem, p. XXII.

    [57] Ibidem, p. 55,  note 138.

    [58] Ibidem, p. 55, 59.

    [59] Ibidem, p. 56.

    [60] Ibidem, p. 55.

    [61] Ibidem, pp. 46-47.

    [62] Ibidem, pp. 64-65.

    [63] Ibidem, p. XXI.

    [64] Adelin Fiorato, La Cité heureuse, cit.,   p. 7.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Pour citer ce communication

    Théa Picquet (CAER/Telemme AMU-CNRS), « Exercer l'autorité. Tommaso Campanella (1568-1639) La Cité du Soleil (1602) ». Communication, Journée d'études : La construction de l'autorité aux époques médiévale et moderne du 07 November 2014 , consulté le Thursday, June 20, 2019. URL : http://telemme.mmsh.univ-aix.fr/edition/107523/0